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Les pompiers de Fort McMurray ont appris l’arrivée du feu par les médias sociaux

Quand les flammes sont entrées dans la communauté de Fort McMurray, les pompiers municipaux l'ont appris par les médias sociaux, affirme un rapport commandé par la province de l'Alberta qui met en lumière des déficiences dans la coordination des efforts contre l'incendie.

Un texte de Laurent Pirot

Une copie du rapport obtenue par Radio-Canada avant sa publication officielle affirme que les pompiers provinciaux s’attendaient à ce que l'incendie atteigne la ville depuis plusieurs heures, mais qu'ils n’avaient pas transmis cette information à leurs homologues municipaux.

Sur le terrain, pompiers provinciaux et municipaux n’utilisaient pas les mêmes fréquences radio, ce qui ralentissait le partage d’information, et le commandement unifié n’a « jamais atteint » les standards prévus.

Ce rapport, daté du mois de mars, pointe aussi un certain manque de préparation des services de lutte contre les feux de forêt et un manque d’expérience des responsables qui ont pris des décisions dans les premières heures de l’incendie.

Le rapport rappelle cependant que cet incendie s’est déroulé très tôt dans la saison, dans des circonstances météo très difficiles et il souligne « les efforts importants des personnes concernées ».

Il rappelle aussi qu’aucune vie n’a été perdue et juge « qu’il n’est pas possible de déterminer si des décisions différentes » dans les premières heures de cet incendie auraient pu minimiser l’ampleur de la catastrophe.

Les pompiers pas totalement prêts

Le feu a forcé l’évacuation de plus de 80 000 personnes et a détruit environ 2 400 logements. Les pertes assurées sont estimées à plus de 3,5 milliards de dollars.

Les 10 recommandations du rapport portent en partie sur la nécessité de renforcer la préparation des services de lutte contre les feux de forêt afin qu’ils soient totalement opérationnels au 1er mai, ou dans la semaine qui suit la fonte de la neige.

Les spécialistes de la forêt boréale et des incendies affirment que les changements climatiques entraîneront des feux plus précoces dans les années à venir.

Le feu a pris naissance le 1er mai à environ 7 kilomètres de Fort McMurray et les flammes sont entrées dans la municipalité deux jours plus tard.

Certains professionnels terminaient des formations, des employés moins expérimentés étaient aux commandes et certains sous-traitants, comme ceux capables de localiser les flammes par des moyens infrarouges, n’étaient pas encore prêts.

Pas d’engins lourds dans les premières heures

Les commandants en poste les deux premiers jours de cet incendie « étaient nouveaux dans leurs fonctions » et ont dû prendre des décisions particulièrement difficiles.

Le premier jour, on n'a pas envoyé d'engin lourd pour construire des barrières anti-feu, alors que cette solution est couramment utilisée pour protéger des zones habitées, note le rapport, qui souligne « un retard important ».

Plusieurs recommandations demandent aussi un renforcement de la communication entre les différents acteurs, afin de fournir aux pompiers de meilleures informations sur les prévisions météo et l’évolution probable d’un incendie.

Le rapport met aussi l'accent sur la responsabilité qu'ont les communautés de rendre les municipalités moins vulnérables aux incendies en appliquant plus systématiquement les recommandations du programme Intelli-feu.

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