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Les Premières Nations divisées sur les projets de pipeline, admet Perry Bellegarde  

Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, admet qu'il sera difficile de parvenir à un terrain d'entente entre les communautés autochtones lorsqu'il s'agit des principaux projets de pipeline.

« Nous sommes différents au Canada en tant que peuple autochtone. Le point que nous soutenons en tant qu'Assemblée des Premières Nations est l'important droit à l'autodétermination », a expliqué M. Bellegarde en entrevue à l'émission The House, à la radio de CBC.

Il ajoute que cela suppose aussi la capacité d'approuver ou non un projet. Mardi, le gouvernement a donné son approbation conditionnelle à un projet d'envergure de gaz naturel liquéfié sur la côte de la Colombie-Britannique.

Pacific NorthWest LNG, appuyé par le géant énergétique malaisien Petronas, a signé des ententes sur les répercussions du projet avec quatre Premières Nations près du site où passerait le terminal gazier, prévoyant des compensations financières pour celles dont le territoire serait touché de manière significative par le projet.

D'autres communautés sont en revanche farouchement opposées à l'idée des pipelines. Un chef héréditaire de la tribu Gitwilgyoots, Donald Wesley, appelle cette approbation « la plus grande erreur de la carrière [du premier ministre Justin Trudeau] ».

Un groupe de six Premières Nations de ce secteur a publié une déclaration mardi dans laquelle ils affirment que « le projet ne passe pas le test » du respect des droits autochtones et sera défié en cour.

Les frustrations s'accumulent

En tant que défenseur de 634 communautés de Premières Nations, M. Bellegarde explique que son rôle dans les dossiers énergétiques controversés sera de pousser le gouvernement à consulter les communautés touchées.

« C'est un début, mais pour concrétiser [ces droits] et avoir des mesures pratiques ici au Canada, il devrait y avoir une consultation plus solide des peuples autochtones et des aînés », a-t-il déclaré.

L'annonce de l'entente avec Pacific NorthWest LNG n'était pas le seul point de friction entre les communautés autochtones et le gouvernement la semaine dernière.

Lundi, le grand chef de l'Union des chefs indiens la Colombie-Britannique, Stewart Phillip, a boycotté une cérémonie à laquelle assistait le couple royal, citant la « négligence continue des politiques de protection de l'enfance à travers le pays ».

« La patience a des limites dans nos communautés des Premières Nations, parce que ce que j'entends à travers le Canada de la part des chefs, c'est "Perry, le chef Bellegarde, oui, merci de faire du lobbying pour obtenir 8,4 millions de dollars, mais nous ne les avons pas encore vus dans nos communautés" », ajoute-t-il.

M. Bellegarde estime que Justin Trudeau a fait des progrès sur les cinq promesses qu'il avait faites aux chefs des Premières Nations en décembre dernier, mais ajoute que le gouvernement a encore du travail à faire sur l'abrogation de la législation imposée aux peuples autochtones par le gouvernement précédent.

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