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Les Premières Nations du Canada aux côtés de la planète climat à Bonn pour la COP23

L'Assemblée des Premières Nations (APN) a dépêché, pour la première fois, un député qui participera officiellement à une importante conférence internationale sur le climat qui débute lundi, en Allemagne

Des groupes autochtones de partout dans le monde se sont réunis à Bonn, en Allemagne, la fin de semaine dernière, en prévision du début de la Conférence sur les changements climatiques des Nations unies (COP23) qui débute lundi.

Le chef régional de l'APN, Bill Erasmus, sera présent en tant que membre de la délégation canadienne, et participera au Forum international des peuples autochtones sur les changements climatiques, une rencontre visant à faciliter la représentation des Autochtones en lien avec les solutions pour lutter contre les changements climatiques.

En autres organisations autochtones canadiennes participant à l'événement, on retrouvait Tapiriit Kanatami, une organisation inuite; le Ralliement national métis; l'Association des femmes autochtones et le Congrès des peuples autochtones.

Avant de se rendre en Allemagne, M. Erasmus voulait faire pression sur Ottawa pour que le gouvernement fédéral demande aux Nations unies d'inclure les droits autochtones et les connaissances ancestrales dans le bouquet de solutions pour lutter contre les changements climatiques.

« Nous avons besoin de convaincre plusieurs personnes », déclarait-il la semaine dernière. « Lors de l'accord de Paris, il y a deux ans, nous avons été en mesure de faire inclure des dispositions qui respectent et soutiennent les peuples autochtones. »

Certaines dispositions de l'accord de Paris appelaient effectivement à la mise sur pied d'une plateforme onusienne pour des gestes en matière climatique de la part des Autochtones et des communautés locales, plateforme qui permettait aux peuples autochtones et aux communautés locales d'agir activement pour guider les démarches de lutte contre les changements climatiques, y compris un rôle de premier plan dans le cadre des discussions entre acteurs importants.

Le Canada fut l'un des principaux États à mettre l'épaule à la roue pour faciliter les négociations visant à inclure les droits autochtones lors de la rédaction de l'accord, en 2015.

De son côté, M. Erasmus fait confiance à la ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, pour continuer à plaider en faveur des droits autochtones dans le contexte de l'accord de Paris.

Il a aussi ajouté que les gouvernements devaient par ailleurs « travailler avec les peuples autochtones pour parvenir à des solutions et oeuvrer à l'atteinte d'économies vertes et basées sur le développement durable ».

L'inclusion de la reconnaissance des droits autochtones dans ce dossier est cruciale, a affirmé le chef Erasmus, puisque les peuples autochtones ont tendance à être les plus exposés aux transformations du climat.

« Nous sommes principalement touchés par ce qui affecte le territoire. Même au nord, les vents ont changé », a-t-il dit, en invoquant sa propre région, les environs de Yellowknife et Great Slave Lake, dans les Territoires du Nord-Ouest, où le niveau de l'eau a été chamboulé, tout comme le cycle d'apparition des glaces.

Combler le vide

Heather Milton-Lightening, d'Indigenous Climate Action (ICA), une organisation gérée par des Autochtones cherchant à combler le vide entre les stratégies gouvernementales contre les changements climatiques et les connaissances autochtones, soutient que son groupe travaillera avec M. Erasmus et l'AFN pour aider à influencer les décisions internationales sur les changements climatiques dans le cadre de la COP23.

« Il sera intéressant de voir ce que le Canada proposera sur la scène internationale, et de quelle façon [le gouvernement fédéral] parlera de lui-même en lien avec les droits autochtones, pas seulement sur la scène internationale, mais également au pays », a-t-elle dit.

« En attendant, nous avons besoin de temps supplémentaire pour bien comprendre ces plans climatiques à l'intérieur de nos communautés, en saisir les impacts et déterminer de quelle façon cela va nous venir en aide. »

Mme Milton-Lightening espère par ailleurs que le Canada soit sincère dans ses efforts pour combattre les changements climatiques.

« Parlons-nous vraiment d'une disparition progressive des combustibles fossiles et d'une transition juste? », se demande-t-elle.

« Les plans du gouvernement pour aider les peuples autochtones semblent fantastiques - mais comment fonctionneront-ils sur le terrain? Répondront-ils aux besoins de nos anciens? De nos mères, de nos mères monoparentales? Tous des gens qui ne trouvent pas d'oreille attentive au sein du cadre politique », ajoute-t-elle.

« C'est beaucoup de travail. »

La COP23 doit se dérouler jusqu'au 17 novembre.

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