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Les préposés aux bénéficiaires des résidences privées réclament eux aussi 15 $ de l'heure

Le mouvement pour faire passer le salaire minimum à 15 $ de l'heure prend de l'ampleur. Au Québec, vendredi, journée d'action pour la hausse du salaire minimum, ce sont les travailleurs d'une cinquantaine de résidences privées pour personnes âgées qui sont descendus dans la rue pour faire entendre leur revendication.

Des manifestations ont eu lieu à Montréal, Victoriaville, Princeville, Drummondville, Trois-Rivières et Saguenay.

De plus, à Montréal, des organisations communautaires et syndicales s'étaient donné rendez-vous en début de soirée pour un grand rassemblement suivi d'une marche dans le quartier La Petite-Patrie.

Le salaire minimum dans la province est fixé à 10,55 $ de l'heure. Au premier mai, il passera à 10,75 $.

Le spectre de la grève

Dans ce secteur comptant 4000 travailleurs représentés par le Syndicat FTQ des employés de service (SQEES-FTQ), le mouvement a pris une tournure d'autant plus pressante que de nombreuses conventions collectives viennent à échéance ou sont échues depuis la fin de 2015.

Selon Richard Belhumeur, président du SQEES-FTQ , les 12,50 $ de l'heure accordés à ces travailleurs sont un « salaire de misère », à la « limite de l'indécence ».

Richard Belhumeur met en garde contre l'éventualité d'une grève qui pourrait survenir en mai. Des équipes s'affairent déjà à préparer les services essentiels, affirme-t-il.

Mais du côté de la partie patronale, on rappelle que toute augmentation a des répercussions sur les coûts des résidences privées.

Yves Desjardins, président du Regroupement québécois des résidences pour aînés, rétorque aux syndiqués qu'« ils peuvent demander ces augmentations-là. Maintenant, on invite les syndicats à la plus grande prudence parce que chaque hausse salariale a un impact sur le loyer et ça, ce sont les aînés qui les paient ». 

M. Desjardins ajoute que cela pourrait même mener certaines résidences à devoir fermer leurs portes.

Dans l'ensemble du pays et aux États-Unis

Au Canada, des rassemblements se sont tenus d'un bout à l'autre du pays, vendredi.

Aux États-Unis, c'était jeudi que le mouvement pour faire passer le salaire minimum à 15 $ avait donné lieu à des manifestations. Des centaines de milliers de travailleurs ont défilé à New York, Los Angeles, Chicago et Miami, entre autres.

Ces manifestants tentent de faire fléchir non seulement les gouvernements, mais aussi les grandes entreprises. Et, résultat de leurs actions, leur voix a résonné jusque dans les débats entourant la campagne à l'investiture démocrate.

Ainsi, le candidat Bernie Sanders, sénateur du Vermont, a donné son appui au mouvement. Sa rivale, Hillary Clinton, lui a emboîté le pas cette semaine en déclarant que si elle devenait présidente des États-Unis, le 8 novembre prochain, elle promulguerait une loi pour faire passer le salaire minimum à 15 $ de l'heure au niveau fédéral, sur proposition du Congrès.

C'est précisément le Congrès, à majorité républicaine, qui a jusqu'ici fait obstacle à la volonté du président Obama de faire augmenter le salaire minimum à 15 $ de l'heure. Le président s'est aussi heurté à l'opposition de certains groupes du milieu des affaires.

Malgré tout, les États de la Californie et de New York ont consenti à faire passer le salaire minimum à 15 $ d'ici 2022.

Un mouvement en pleine expansion

Mais au sein du mouvement Fight for $15, on veut étendre cette augmentation à tous les travailleurs. Créé en 2012, le mouvement visait au départ les travailleurs du secteur de la restauration rapide. Désormais, il s'est développé dans un grand nombre de domaines d'activités où les salaires sont bas, comme les soins à domicile,
la distribution ou les hôpitaux.

Et le mouvement s'étend ailleurs dans le monde. Jeudi, des manifestations se sont tenues devant le restaurant McDonald's de Disneyland Paris et devant le siège social du groupe américain en Corée du Sud.

Avec les informations de Marie-France Abastado

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