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Les primaires de la dernière chance en Floride et en Ohio

La dernière chance. C'est comme ça que les forces anti-Trump voient ce troisième « super mardi » après tant de semaines. Cela vous semble exagéré? C'est pourtant ce sentiment qui anime la population dans le sud de la Floride.

Yanik Dumont Baron

  Un texte de Yanik Dumont Baron
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Autour de Miami, c'est le pays de Marco Rubio. En fait, tout l'État devrait l'être, si l'on se fie à ses affiches électorales. Mais les sondages indiquent que la Floride s'apprête à faire perdre un de ses sénateurs. Un jeune Cubain-Américain qu'on présentait comme l'avenir du Parti républicain...

Au quartier général de Marco Rubio, personne ne veut encore croire en la possibilité d'une défaite. Le local décoré d'affiches de campagne fourmille d'activité : une quinzaine de personnes sont affairées au téléphone à rappeler aux citoyens qu'ils doivent voter. Certains bénévoles parlent stratégie, peut-être animés par l'énergie du désespoir.

Depuis des semaines, Sandra Posada passe plus de 12 heures chaque jour dans ce local. Elle dirige les volontaires et s'assure que tout s'opère rondement dans le chaos de la campagne. Tant d'énergie déployée qu'elle en perd la voix. Elle se reposera demain, après le vote.

Autour d'elle, des dizaines de bénévoles sont convaincus des forces de leur candidat. Motivés par ce désir d'empêcher Donald Trump de remporter l'investiture républicaine.

Pour eux, c'est l'élection de la dernière chance. Marco Rubio doit gagner. Car ici, il n'y a pas de prix pour celui qui arrive second. Le gagnant emporte tous les délégués. Si le vainqueur est Donald Trump, la Floride lui permet d'accélérer sa marche vers l'investiture républicaine.

Une opposition possible à Donald Trump?

L'Ohio est aussi un État qui accordera tous ses délégués au vainqueur ce soir. Là-bas, le gouverneur John Kasich pourrait bien battre le controversé milliardaire. Une victoire qui lui donnerait de l'énergie, mais qui changerait peu la dynamique de la course.

Les forces anti-Trump demeurent majoritaires dans le parti républicain. Mais leurs voix sont plus faibles, et elles sont divisées entre trois candidats. Donald Trump pourrait bien accaparer la plupart des délégués aujourd'hui. Et creuser ainsi l'écart avec ses rivaux.

Le sénateur Ted Cruz rêve d'une course à deux. Il se croit capable de battre Donald Trump dans les conditions actuelles. Sa stratégie en Floride, c'était justement de nuire à Marco Rubio, pour le pousser vers la défaite... vers une sortie de course.

Il est bien possible que Marco Rubio jette l'éponge ce soir. Difficile de voir comment il pourrait justifier rester dans la course s'il échoue dans son fief. « Je prie pour lui », lance une hispanophone, après avoir voté par anticipation.

Devant ce bureau de vote, il y a une question qui tracasse les électeurs : que feront-ils si Donald Trump devient le candidat de leur parti? Plusieurs Latino-Américains comptent appuyer le milliardaire, mais les autres hésitent.

En quittant le bureau de vote, cette dame passe devant Yamilee Palomino, une Cubaine-Américaine qui vient de perdre son emploi. Elle ne votera pas Rubio, mais pour son principal rival. « Je veux que Donald Trump gagne; j'ai besoin d'un emploi! »

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