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Les problèmes cardiaques touchent aussi les femmes

Si le cancer du sein a très mauvaise presse en matière de santé féminine, ce sont pourtant les maladies liées au cœur qui seraient les plus dangereuses pour les femmes. Le phénomène est néanmoins peu connu, entre autres en raison de préjugés qui ont la vie dure.

« On pense que ce sont les hommes qui meurent du cœur, et les femmes qui meurent du cancer du sein », explique le docteur George Honos, chef du service de cardiologie du Centre hospitalier de l'Université de Montréal.

Pourtant, les femmes sont « cinq fois plus à risque de mourir des suites d'un problème cardiaque que d'un cancer du sein », lit-on dans un communiqué transmis jeudi par la Fondation des maladies du cœur et de l'AVC.

Pire encore, une femme ayant subi une crise cardiaque serait 30 % plus à risque qu'un homme d'en mourir ou d'en subir une autre dans les six mois suivants la première attaque, avance l'Agence de la santé publique du Canada.

Les maladies du cœur emportent une femme toutes les 20 minutes au pays, soutient encore la Fondation.

Aux yeux de la patiente Annie Richard, il est nécessaire de sensibiliser les femmes à ce problème, mais aussi d'en informer le personnel médical.

Mme Richard, qui a subi plusieurs infarctus, a dû exiger d'être hospitalisée peu de temps avant de vivre la troisième de cette série d'attaques, ayant plutôt reçu un diagnostic de bronchite de la part de l'urgentologue qui l'avait examinée.

« J'ai l'impression qu'il y a de la discrimination envers les femmes. Si j'avais été un homme, je suis certaine que l'on ne m'aurait pas fait attendre aussi longtemps à l'urgence », affirme-t-elle.

Problèmes de diagnostic

La statistique avancée par une étude rétrospective publiée par la revue Circulation est plus qu'inquiétante : quatre fois sur cinq, on serait incapable de reconnaître les signes avant-coureurs d'une crise cardiaque chez une femme, une situation dangereuse, puisqu'il est nécessaire d'agir le plus rapidement possible en cas d'attaque pour limiter les dégâts portés au cœur et aux artères.

Aux yeux de la Fondation, ce phénomène serait attribuable au fait que la recherche dans le domaine a longtemps exclusivement porté sur la santé masculine.

« Il se peut que les traitements normalisés soient moins adaptés et plus risqués pour les femmes qui reçoivent un diagnostic de maladie du cœur. [...] Par ailleurs, comparativement aux hommes, les femmes se font moins recommander de suivre un programme de réadaptation cardiaque par leur médecin et sont deux fois moins portées à suivre et à achever un tel programme », déplore-t-on dans le communiqué publié jeudi.

On avance également que « même si 9 femmes sur 10 présentent au moins un facteur de risques, la plupart d'entre elles sous-estiment leur risque ».

Heureusement, la situation pourrait s'améliorer peu à peu. Depuis quelques années, davantage de femmes sont recrutées pour des études cliniques sur les maladies cardiaques et les médicaments mis au point pour les soigner.

Avec les informations de Normand Grondin

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