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Les proches des victimes d'actes criminels exigent une bonification de leur soutien

En pleine Semaine nationale des victimes et survivants d'actes criminels, les proches des victimes demandent à Québec et à Ottawa davantage de soutien pour vivre leur deuil. Trois organismes se sont regroupés pour faire entendre le message.

Un texte de Francis Labbé

Deuil Jeunesse, VASAM (Victimes d'actes criminels au masculin) et l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD) ont profité de cette semaine pour dévoiler une série de capsules vidéo pour informer le public.

Leur message est clair : « Il est temps que les proches des victimes reçoivent autant de services que les criminels ou les détenus », soutient Nancy Roy, directrice générale de l'AFPAD. 

En juillet 2015, l'ex-conjoint de Marta Rzepkowska assassinait leur enfant de 10 mois avant de s'enlever la vie. La mère de la jeune victime aura droit à 30 séances de consultation psychologique, tout comme les membres de sa famille.

« Si l'IVAC (programme d'indemnisation des victimes d'actes criminels) nous avait reconnus comme victimes, nous aurions eu droit à des consultations psychologiques à vie », raconte Mme Rzepkowska. « Et il a fallu trouver le psychologue par nos propres moyens. Pendant les trois premiers mois, nous avons été laissés à nous-mêmes ».

Se battre pour être dédommagés

De son côté, Frank Tremblay s'est battu pour obtenir un montant compensatoire. Il a été abusé sexuellement par des pères rédemptoristes alors qu'il fréquentait le Séminaire Saint-Alphonse, de Sainte-Anne-de-Beaupré.

Il a intenté un recours collectif contre la congrégation religieuse et a gagné.

« Il faut obtenir réparation parce que pour les victimes, ce sont des années de thérapie », raconte M. Tremblay. « Le pire, c'est quand les victimes sont des enfants. Ce que l'on traîne en dedans de nous, en tant que victime, va nous anéantir. »

Recevoir autant que les criminels

« Les détenus, quand ils sont incarcérés, ils ont droit à de la réhabilitation, de la réinsertion et les services de psychologues, à l'intérieur des murs comme à la sortie », explique Nancy Roy, de l'AFPAD. « Il faudrait au moins que les victimes et les proches des victimes en reçoivent autant. »

Au cabinet de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, on affirme qu'une réflexion est en cours au sujet de l'indemnisation des victimes. Mais du même souffle, on soutient que le régime en place au Québec est plus généreux qu'ailleurs. 

Par courriel, le cabinet de la ministre Vallée écrit que : « la loi sur l'indemnisation des victimes d'actes criminels a été adoptée en 1972 et n'a jamais fait l'objet d'une révision majeure, bien que des amendements y aient été apportés au fils des ans. Une réflexion est en cours à cet effet ».

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