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Les producteurs de pot ne pourront plus commanditer des événements

Un petit nombre de festivals canadiens sont financés par des commandites de producteurs de cannabis, mais si le projet de loi pour légaliser la marijuana est adopté sous sa forme actuelle, ils ne seront plus en mesure de l'être.

C’est d’ailleurs un scénario familier pour l’industrie du tabac. Vers la fin des années 1990 et le début des années 2000, le gouvernement fédéral s’est mis à sévir contre la publicité et les commandites par des entreprises de cigarettes.

La marque Du Maurier était notamment autrefois le commanditaire phare des grands festivals de jazz de Montréal, Toronto, Vancouver et Halifax avant qu’une réglementation ne soit mise en place pour interdire aux entreprises de tabac de financer de tels événements.

Santé Canada a fait savoir que le gouvernement comptait imposer à l’industrie du cannabis les mêmes restrictions qui s’appliquent présentement au tabac.

Le gouvernement espère franchir les obstacles procéduraux et parlementaires afin de légaliser le cannabis pour le 1er juillet 2018.

Des pertes à prévoir

Même si les revenus amassés par les producteurs de marijuana avec ce genre de commandites ne sont pas comparables aux millions de dollars engrangés par l’industrie du tabac à une certaine époque, les nouvelles restrictions vont affecter plusieurs événements qui dépendent de cette source de financement.

« Je trouve cela extrême », dit Olivia Diamond, directrice de l’événement Pop Montréal.

En 2016, le festival de musique était commandité par deux entreprises de cannabis médicinal, qui voulaient attirer l’attention sur les nouvelles règles touchant leur industrie.

« C’est une perte pour le consommateur », ajoute Mme Diamond. Il s’agit d’un enjeu sur lequel les gens veulent être renseignés, selon elle.

Le festival se conformera à la réglementation qui sera mise en place, mais espère que le projet de loi sera modifié d'ici afin que les événements puissent continuer de travailler avec les producteurs autorisés.

Des producteurs peu préoccupés

Le producteur canadien Canopy Growth, propriétaire de la marque Tweed, a entre autres commandité des événements comme le Rideau Paddlefest et ceux de la Fondation des maladies du cœur.

L’entreprise organise aussi son propre festival de musique en août sur ses propres terres, à Smiths Falls, en Ontario.

« C’est la dernière de nos préoccupations. Nos discussions tournent autour de la naissance d’une excitante nouvelle industrie, alors nous ne passons pas trop de temps à nous concentrer sur les choses que ne pouvons pas faire », indique Jordan Sinclair, le directeur des communications de Canopy.

Selon son estimation, l’entreprise remet environ 50 000 $ par année en commandite, un montant modeste mais très apprécié des festivals et des événements.

« Nous n’avons aucune intention d’enfreindre les règles, dit-il, en soutenant que Canopy se retirerait de ses partenariats si la loi l’oblige à le faire.

CannTrust, un autre producteur autorisé de cannabis, a déjà commandité les célébrations du festival Fierté Toronto, mais il évite de s’associer à d’autres événements.

« Notre but n’est pas vraiment de cibler les patients par la publicité, mais plutôt de renseigner les consommateurs sur la nouvelle réglementation.

« Nous ne sommes pas les Snoop Doggs de ce monde », affirme Robyn Rabinovich, la directrice du marketing de CannTrust, en faisant référence à l’association du rappeur avec la marque Tweed.

Elle déplore que certains joueurs ne suivent pas nécessairement les normes imposées à l’industrie.

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