Retour

Les producteurs laitiers exigent un meilleur contrôle des importations de lait diafiltré

Des centaines de producteurs laitiers de la Montérégie manifestent mercredi à Saint-Armand, près de la frontière américaine, pour demander au futur gouvernement du Canada de mieux contrôler les importations de lait diafiltré en provenance des États-Unis. Le ministre de l'Agriculture du Québec, Pierre Paradis, est également sur place.

Les producteurs laitiers soutiennent que les importations de ces concentrés protéiques liquides, prisés par les producteurs canadiens de fromage et de yogourt, minent l'un des piliers fondamentaux du système de gestion de l'offre, à savoir le contrôle des importations, et grèvent leurs revenus.

Selon l'Union des producteurs agricoles (UPA), les pertes causées par ces importations se sont élevées à 200 millions de dollars en 2014 et elles s'annoncent plus importantes encore cette année.

« Ça fait deux ans que ça dure, mais dans les derniers six mois, il en est rentré 45 000 tonnes et on pense que d'ici la fin de l'année, ça va doubler », dénonce le président des producteurs de lait de Montérégie-Est, Yvon Boucher.

Importations qui échappent au contrôle

En vertu du système de gestion de l'offre qui encadre la production laitière au Canada, seule une infime quantité de lait peut franchir les frontières canadiennes. Les protéines laitières importées échappent cependant au contrôle de l'Agence des services frontaliers.

« C'est avantageux pour les transformateurs. Ils mettent ça dans leurs recettes de fromage, de yogourt. C'est des produits qui ne coûtent presque rien. Ils font beaucoup plus de fromage et de yogourt avec le lait », explique M. Boucher.

Craignant que l'entente de principe sur le Partenariat transpacifique (PTP) conclu la semaine dernière ne fasse qu'empirer la situation, puisqu'il se traduit par une brèche encore plus grande dans la gestion de l'offre, ils exigent que les partis fédéraux s'engagent à agir dans les 100 jours suivant la formation d'un nouveau gouvernement.

Selon M. Boucher, le gouvernement doit absolument considérer ces protéines laitières comme du lait afin que les douaniers de l'Agence des services frontaliers puissent empêcher leur entrée au Canada.

« Les douaniers, ce n'est pas parce qu'ils ne font pas leur travail; il n'est pas réglementé ce produit-là! [Le gouvernement] aurait juste à le mettre dans une classe réglementée, et le problème serait réglé », soutient-il. « Notre objectif serait atteint, et ça donnerait confiance dans la mise en place du traité transpacifique. »

À l'heure actuelle, seuls les chef néo-démocrate et bloquiste, Thomas Mulcair et Gilles Duceppe, ont répondu à la demande des producteurs de lait.

Dans une lettre transmise mardi à l'UPA, M. Mulcair assure qu'un gouvernement qu'il dirigerait « travaillera à la mise en place d'une solution permanente au contournement des contingents des importations de concentrés protéiques liquides et de produits de la volaille, et ce, dans les 100 premiers jours de son mandat. »

M. Duceppe affirme pour sa part que la députation bloquiste « verra à ce que le prochain gouvernement règle ce problème, que ce soit par un changement de classification de ces protéines, par l'établissement d'une nouvelle ligne tarifaire pour les couvrir, ou par l'adoption d'une autre mesure efficace ».

Plus d'articles

Commentaires