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Les promesses de la ministre d'une vie meilleure pour les Autochtones

Santé, éducation, infrastructures, familles, financement : le ministère des Services aux Autochtones Canada a présenté mardi ses priorités pour les années à venir.

Les défis sont grands, la tâche est ardue, mais la ministre des Services aux Autochtones, Jane Philpott, s’est engagée à appuyer les Autochtones sur la voie de l'autodétermination tout en améliorant leur bien-être.

Nommée en août 2017 par le premier ministre Justin Trudeau, lors de la scission du ministère des Affaires autochtones et du Nord, la ministre Philpott a d’abord pris le temps de visiter des communautés et de rencontrer ses partenaires autochtones pour connaître leurs priorités.

Accès à l’eau potable

En février 2017, la Fondation David Suzuki estimait que plusieurs communautés autochtones n'auraient toujours pas accès à de l'eau potable en 2022.

Le mois dernier, le directeur parlementaire du budget (DPB) estimait de son côté que le gouvernement de Justin Trudeau devrait dépenser au moins 3,2 milliards de dollars d'ici 2020 pour éliminer les avis de faire bouillir l'eau à long terme dans les communautés autochtones et mettre à niveau leur système d'aqueduc.

Pourtant, la ministre Philpott assure que tous les avis à long terme concernant la qualité de l'eau potable des réseaux publics dans les réserves seront levés d'ici mars 2021. Actuellement, 91 avis concernant la qualité de l’eau potable sont encore en vigueur dans des communautés autochtones à travers le pays, dont 20 qui devraient être levés d'ici la fin de l'année.

Santé

Taux de mortalité infantile élevé, espérance de vie jusqu’à 15 ans plus courte, cas élevés de diabète et de tuberculose, les écarts entre Autochtones et non-Autochtones en matière de santé sont immenses.

Un accès limité aux services de santé, la malnutrition, le surpeuplement des logements, les causes qui expliquent ces différences sont variées.

C’est à tout cela que veut s’attaquer la ministre Philpott, qui veillera à ce que des ressources « durables et suffisantes » soient mises en place dans toutes les collectivités.

Quelque 828,2 millions de dollars sur cinq ans ont été octroyés dans le budget fédéral de 2017 pour aider les Premières Nations et les Inuits à obtenir des soins de santé, incluant des services de santé mentale.

Éducation

Les défis en matière d’éducation sont nombreux. Outre des infrastructures scolaires déficientes, les écarts dans l’obtention d’un diplôme d’études secondaires sont importants entre Autochtones et non-Autochtones : 44 % contre 88 %.

L’accès à l’enseignement postsecondaire demeure aussi un obstacle majeur. La ministre Philpott compte s’attaquer à ces divers problèmes.

Elle souhaite offrir un programme d’éducation adapté à la culture autochtone et remettre le contrôle de l’éducation aux Premières Nations. En juillet 2017, un nouveau système scolaire des Premières Nations a été créé au Manitoba.

Enfants et Familles

Le Recensement de 2016 nous apprenait que 7,7 % de tous les petits Canadiens âgés de 0 à 14 ans sont autochtones. Ils représentent pourtant 52,2 % des enfants placés en famille d'acueil.

Autre donnée alarmante : 38 % des enfants autochtones vivent dans la pauvreté, comparativement à 7 % des enfants au Canada.

Jane Philpott veut s’attaquer à ce problème en fournissant un financement prévisible à long terme et en permettant aux Autochtones d’assumer le contrôle des services de protection de l’enfance.

À ce propos, la ministre organise les 25 et 26 janvier une réunion d’urgence pour discuter de la refonte des Services à l’enfance et à la famille des Premières Nations, Inuit et Métis, un dossier prioritaire pour son ministère.

Relation financière

En décembre dernier, lors de l’Assemblée des Premières Nations, Jane Philpott annonçait vouloir établir une nouvelle relation fiscale avec les Autochtones.

À ce moment-là, Ottawa avait annoncé son intention d’accorder, d'ici le 1er avril 2019, des subventions sur 10 ans à des Premières Nations en bonne santé financière.

Mardi, la ministre Philpott a précisé ses intentions, parlant entre autres de financement prévisible à long terme ou de programmes et services dirigés par les Autochtones et appuyés par de solides institutions et gouvernements autochtones.

Jane Philpott souhaite au fond « faciliter la transition vers l’autodétermination dans tous les secteurs. »

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