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Les Québécois attendent longtemps au guichet d’accès à un médecin de famille

Dans un rapport publié mardi, la protectrice du citoyen, Marie Rinfret, fait état d'importantes failles du guichet d'accès à un médecin de famille (GAMF) créé en 2016 par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Elle montre du doigt les délais d'inscription, mais aussi des problèmes dans la priorisation des demandes.

Selon Mme Rinfret, ces lacunes peuvent expliquer pourquoi la cible fixée par le ministre Gaétan Barrette d’inscrire 85 % de la population auprès d’un médecin de famille avant le 31 décembre 2017 n'a pas été atteinte.

Le taux d’inscription moyen pour l’ensemble du Québec était alors de 78,3 %.

Le principal obstacle? Les longs délais d’attente.

« C’est vraiment là où le bât blesse. Et souvent, ces longs délais découlent du fait qu’on a une mauvaise priorisation des personnes qui ont été enregistrées », a expliqué la protectrice du citoyen en entrevue à l'émission Midi info, mardi.

Par exemple, une personne âgée de 25 ou 30 ans, qui n’a pas de problème de santé, peut être inscrite plus rapidement au système qu’une autre personne qui a le double de son âge et qui souffre de maladies chroniques.

Une meilleure priorisation des demandes est d’ailleurs l’une des huit recommandations formulées par la protectrice du citoyen dans son rapport.

« Au moment où une personne va s’enregistrer au guichet d’accès à un médecin de famille [il faut] qu’on ait une excellente idée de sa condition physique, de son état de santé pour permettre une priorisation efficace », a souligné Marie Rinfret à Midi info.

Un long processus

Une fois inscrite au guichet d'accès à un médecin de famille, une personne peut attendre plusieurs mois avant d’obtenir un rendez-vous.

« Il faut se voir attribuer un médecin, note Mme Rinfret. Et à partir du moment où on a un médecin qui nous est attribué, il appartient au médecin de nous inscrire dans sa liste pour qu’on soit officiellement pris en charge. »

Elle recommande que « les personnes à qui on attribue un médecin soient réintroduites au GAMF à leur date d’enregistrement initiale, si elles ne sont pas inscrites auprès de ce médecin dans un délai maximum de 60 jours ».

Délais plus longs à Montréal

Dans son rapport, Marie Rinfret constate aussi que l’attente est beaucoup plus longue dans certaines régions.

Elle demande ainsi un assouplissement des limites territoriales et des orientations plus claires.

La région de Montréal est particulièrement problématique, selon elle.

« C’est là où on constate qu’il y a le moins d’inscriptions de patients qui trouvent un médecin de famille », indique Mme Rinfret.

« On demande qu’il y ait un soutien donné par le ministère de la Santé et des Services sociaux pour inciter, demander aux médecins d’aller chercher leurs patients dans le guichet d’accès, parce qu’un médecin n’est pas obligé [de le faire], explique-t-elle. Et c’est ce qu’on constate à Montréal. »

Par ailleurs, le taux d’inscription varie énormément d’une région à l’autre. Il s’établit à 63,5 % pour le Nord-de-l’île-de-Montréal, comparativement à 91,3 % pour Chaudière-Appalaches, par exemple.

Dans l’est de l’île, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, le problème est criant. Le taux d’inscription est à 61 %.

« Montréal, depuis le début, est un problème. On savait que ça allait être un problème », admet le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, dans une entrevue au Téléjournal Grand Montréal.

« Il y a beaucoup de gens qui ont des médecins de famille à Montréal et qui ne sont pas formellement inscrits, parce qu’il y a des médecins qui voient des patients à qui ils sont attachés, poursuit le ministre Barrette. Mais ils ne veulent pas participer à l’inscription comme telle pour toutes sortes de raisons. »

« Il y a un problème réel à Montréal, particulièrement dans l’est, je l’ai dit à plusieurs reprises, et on s’y adresse [en mettant] des mesures contraignantes année après année. »

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