Retour

Les raids russes en Syrie font fuir des dizaines de milliers de personnes

En trois semaines d'offensive, l'armée syrienne et l'aviation russe ont fait 370 morts et contraint des dizaines de milliers de personnes à l'exode, selon l'Observatoire syrien de défense des droits de l'Homme (OSDH).

L'OSDH, basé à Londres et qui affirme s'appuyer sur des sources sur le terrain dans les deux camps, fait état de 100 000 personnes fuyant les combats dans les provinces d'Hama, Alep et Lattaquié, dans l'ouest du pays. Selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH, les frappes russes ont tué 243 combattants, dont 52 de l'État islamique, et 127 civils, dont 36 femmes et 34 enfants.

Pour la seule province d'Alep, « environ 35 000 personnes ont été déplacées des localités de Hader et Zerbé, au sud-ouest de la ville d'Alep par les offensives gouvernementales des derniers jours », selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).

À la reconquête des territoires perdus

Renforcée par l'intervention russe fin septembre, l'armée syrienne tente d'avancer et de consolider ses positions dans les provinces centrales de Homs et d'Hama, ainsi que dans celle d'Alep, dans le nord-ouest du pays. L'armée syrienne a pour premier objectif de reprendre des secteurs près de la route stratégique reliant Alep à la capitale Damas.

Une grande partie de la province d'Alep est aux mains du Front al-Nosra - la branche syrienne d'Al-Qaïda - et ses alliés islamistes, ou des djihadistes du groupe État islamique (EI). Les forces gouvernementales ne contrôlent pour le moment qu'une route lui permettant d'approvisionner les quartiers de la ville d'Alep.

L'OSDH rapporte que l'armée a repris cinq villages dans ce secteur depuis le début de l'offensive. Le quotidien Al-Watan, proche du pouvoir, évoque 16 villages et 7 collines passés aux mains des forces gouvernementales.

La Russie a pesé de tout son poids en intervenant, donnant ainsi un sérieux avantage à l'armée syrienne. Moscou a indiqué avoir bombardé 60 cibles des groupes « terroristes » en Syrie de dimanche à lundi. Le président russe Vladimir Poutine a affirmé que les frappes aériennes russes en Syrie démontraient que la Russie pouvait faire face à « n'importe quelle menace ».

Dans le même temps, les offensives de la coalition dirigée par les États-Unis contre les djihadistes du groupe armé État islamique se poursuivent dans les territoires syriens. Le Pentagone a annoncé que Washington et Moscou ont signé un protocole d'accord pour éviter tout incident entre leurs aviations, qui opèrent séparément dans le ciel syrien.

« Avec les signatures d'aujourd'hui, ce protocole d'accord est à présent entré en vigueur », a déclaré Peter Cook, porte-parole du Pentagone.

M. Cook a toutefois indiqué qu'il n'y avait pas « de zones de coopération, de partage d'informations ou d'informations sur des cibles ».

Un responsable américain a fait état du déploiement par l'armée américaine de 12 avions d'attaque au sol A-10 sur la base aérienne d'Incirlik, dans le sud de la Turquie, dans le but de renforcer la lutte contre les djihadistes de l'EI.

Plus d'articles

Commentaires