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Les Russes ne visent pas que l'État islamique, reconnaît le Kremlin

Le Kremlin reconnaît que les frappes aériennes qu'il mène pour une deuxième journée en Syrie visent une « liste » d'organisations en lutte contre le président Bachar Al-Assad et non seulement le groupe armé État islamique, comme cela était annoncé mercredi.

Selon le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, les frappes russes visent le groupe armé « État islamique, [le Front] al-Nosra et d'autres groupes terroristes », tout comme celles de la coalition. « Nous sommes sur la même longueur d'onde que la coalition sur ce point [...] Nous avons la même approche », a-t-il ajouté.

« Ces organisations [sur la liste des cibles] sont bien connues et les cibles sont choisies en coordination avec les forces armées syriennes », avait précédemment expliqué un porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, interrogé sur les différences de vue entre l'Occident et la Russie au sujet de ce qui constitue un groupe terroriste.

Les chefs de la diplomatie américaine et française et leurs collègues responsables de la Défense ont tous affirmé mercredi qu'ils doutaient que les frappes russes ne visaient que l'EI. M. Lavrov avait répliqué que ces doutes étaient « infondés ».

Le chef de cabinet du président russe Vladimir Poutine et le ministère russe de la Défense ont assuré mercredi que les frappes russes visaient l'EI. M. Poutine a ensuite déclaré que la Russie combattrait des « groupes de terroristes internationaux », avant d'évoquer le groupe État islamique.

L'armée russe a annoncé jeudi soir qu'elle a mené des frappes aériennes sur cinq positions de l'EI en Syrie. Selon le général Igor Konachenkov, cité par les agences russes, ces positions se trouvaient dans la province de Hama (centre) et celle d'Idleb (nord-ouest).

Jeudi matin, le ministère avait annoncé que l'aviation russe a bombardé « quatre positions de l'État islamique sur le territoire syrien » grâce à huit sorties effectuées par des chasseurs Sukhoï-24 et 25.

Il disait avoir détruit « un quartier général des groupes terroristes (de l'EI) et un stock de munitions dans la zone de Idleb », un atelier de confection de voitures piégées au nord de Homs, au centre du pays, et un « poste de commandement de combattants dans la zone de Hama ».

Toujours selon Moscou, toutes ces frappes effectuées en matinée ont été réalisées par des avions déployés sur la base aérienne construite par les Russes dans l'aéroport de Lattaquié, dans le nord-ouest de la Syrie, grâce à des reconnaissances effectuées par des drones et des images satellitaires.

Une source de sécurité syrienne a cependant affirmé que ces frappes visaient Jaich al-Fatah (l'Armée de la conquête), une alliance regroupant le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, et des groupes islamistes comme Ahrar Al-Cham, deux organisations luttant à la fois contre les troupes gouvernementales et les combattants de l'EI.

« Quatre avions de combat russes ont visé des bases de Jaich al-Fatah à Jisr Al-Choughour et à Jabal Al-Jawiya (dans la province d'Idleb) et ont frappé aussi des positions de groupes armés, des bases et des dépôts d'armes à Hawach dans la province de Hama », a indiqué cette source syrienne.

Selon le ministère russe de la Défense, cité par l'agence Interfax, plus de 50 avions et hélicoptères, ainsi que des troupes d'infanterie de marine, des parachutistes et des unités de forces spéciales, ont été déployés en Syrie.

C'est la première fois que Moscou confirme officiellement l'ampleur de son engagement militaire en Syrie, dans le port de Tartous, où l'armée russe dispose d'installations logistiques, et surtout à l'aéroport de Lattaquié, où elle a construit une base militaire.

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