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Les sables bitumineux pour aider les énergies vertes?

Des chercheurs du centre de recherche Shell Canada basé à Calgary tentent actuellement de développer une batterie pouvant emmagasiner l'électricité générée par des énergies renouvelables grâce à un métal se trouvant dans les sables bitumineux.

Des ingénieurs de l’entreprise pétrolière pensent qu’en faisant l’extraction du Vanadium, un métal qui se trouve dans les sables bitumineux, ils pourront atteindre cet objectif précis.

« Nous voulons prouver que c’est possible d’avoir des idées révolutionnaires pour le secteur des énergies renouvelables en se servant des énergies traditionnelles », considère JT Steenkamp, l’un des ingénieurs pour Shell Canada.

Celui-ci indique que si les résultats de leur expérience s’avèrent positifs, le secteur pétrolier et celui des énergies propres seront transformés.

JT Steenkamp explique avoir déjà construit le prototype d’une batterie. Celle-ci se trouve actuellement à l’intérieur d’un cabanon. Elle est alimentée par des panneaux solaires installés sur le toit du centre de recherche.

Selon les données qu’ont collectées les chercheurs, la recherche s’annonce déjà de bon augure puisque la batterie peut soutenir une charge de six kilowattheures. Une capacité pouvant faire fonctionner un séchoir à cheveux pendant environ quatre heures par exemple.

Si ce n’est pas encore suffisant pour permettre d’emmagasiner l’électricité que produira un parc éolien ou solaire, M. Steenkamp assure que l'écart n’est pas trop grand.

Son principal défi, c’est de créer une batterie viable à un coût abordable. « C’est le problème classique et la raison pour laquelle nous faisons cette recherche », explique le chercheur.

Du vanadium dans les sables bitumineux

Un baril de bitume dilué contient seulement 30 ml de vanadium. La concentration semble faible, mais selon M. Steenkamp, multiplié par les millions de barils produits chaque jour grâce à l’exploitation des sables bitumineux en Alberta, cela devient « une grande cargaison » de vanadium.

Arno de Klerk, un professeur de génie chimique à l’Université de l’Alberta, reste quant à lui prudent devant les premiers résultats de la recherche. Il a déjà vu d’autres scientifiques s’intéresser aux métaux lourds dans les sables bitumineux dans les dernières décennies, sans que cela ne produise de grands résultats.

Toutefois, si la recherche atteint ses cibles, il est d'accord que ce sera profitable autant pour le secteur pétrolier que pour le secteur des énergies renouvelables. « Dans ce cas tout le monde sera gagnant », dit le professeur.

Le gouvernement de l'Alberta finance par ailleurs une partie du projet de recherche.

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