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Les six djihadistes canadiens proviennent d'Edmonton et de Calgary

Le service anglais des nouvelles de Radio-Canada, CBC News, a obtenu ce qui semble être les formulaires de demande d'emploi des six Canadiens qui se sont engagés comme combattants étrangers au sein du groupe armé État islamique (EI).

Les documents des Canadiens auraient été rendus publics par un ancien membre de l'organisation qui a fait défection. C'est le site syrien Zaman Al-Wasl qui a obtenu les documents de quelque 22 000 djihadistes de l'EI avant de partager le contenu canadien avec CBC News exclusivement.

La liste des Canadiens révèle quelques noms familiers comme le Calgarien Farah Shirdon, qui a déjà été vu sur une vidéo le montrant en train de brûler un passeport canadien. Selon les documents, Shirdon, 22 ans, est entré en Syrie quelques semaines avant l'enregistrement de menaces contre le Canada et les États-Unis.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a annoncé, en septembre dernier, que Shirdon avait été inculpé, in absentia, en vertu de dispositions du Code criminel reliées au terrorisme en raison de son soutien allégué pour l'EI.

Quatre hommes d'Edmonton, tous de la même famille, sont également cités dans les documents. Ces derniers sont entrés en territoire contrôlé par l'EI le 12 novembre 2013. Les quatre individus sont Omar Abdirahman Aden, ses frères Hamsa et Hershey Kariye, de même que leur cousin Mahad Hirsi.

Le père de ce dernier avait accordé une déchirante entrevue au réseau CBC, l'an dernier, peu après avoir été informé que son fils et ses neveux avaient été tués en combattant pour l'EI. Il avait indiqué avoir emmené son fils au Canada pour fuir la guerre en Somalie. Il n'arrivait pas à s'expliquer pourquoi son fils avait rejoint le groupe terroriste.

Le document démontre que les quatre hommes ont été infiltrés en Syrie par la même personne, soit Mohammed Hussein. Ce dernier est un passeur bien connu qui effectue des passages entre la Turquie et la Syrie dans la région d'Azaz, au nord d'Alep.

Bien que les documents s'arrêtent en 2014, ils ont été authentifiés par les autorités et des experts allemands.

Le mystère du sixième combattant

Le secrétaire parlementaire de la Sécurité publique, Michel Picard, a indiqué à CBC News qu'il souhaite attendre les confirmations des agences de sécurité canadienne sur l'authenticité des documents.

« Dès que nous identifierons quelqu'un revenant de la région après avoir fait un séjour dans un camp d'entraînement terroriste, la GRC a un mandat pour les prendre en filature dans le but de protéger les Canadiens et afin de s'assurer qu'ils ne représentent pas un risque pour la société », a indiqué M. Picard.

Un des six noms contenus sur la liste des Canadiens représente toutefois un mystère. L'individu se présente sous le nom de Hussain Baroot et il a pris le nom de guerre Abu Othman Al-Lubnani [Le Libanais].

Les documents de l'EI l'identifient comme un Canadien de Calgary qui a présenté une demande pour servir à titre de combattant. Il a donné sa date de naissance, sa profession, le nom de sa mère et son numéro de téléphone à Calgary. Le numéro en question a été débranché.

Baroot a laissé son passeport et son permis de conduire entre les mains des dirigeants de l'EI avec un « cadeau canadien » pour qu'ils les gardent en sécurité. Les autorités canadiennes ignorent toujours qui est véritablement ce sixième individu et s'il est revenu au Canada, une perspective qui rend les services de sécurité très nerveux.

Les précieuses archives de l'EI

L'obsession de l'EI pour la paperasse et la bureaucratie fournit d'importantes occasions aux agences de renseignement du monde entier d'en apprendre un peu plus sur l'organisation terroriste.

L'EI semble conserver méticuleusement des notes qui, si elles sont authentifiées, pourraient aider les forces de sécurité à comprendre comment les combattants parviennent à rejoindre l'EI et qui les recrute.

Des médias du monde entier ont publié des parties de cette liste, qui comprend quelque 1700 noms de djihadistes de 40 pays. Les documents, sur lesquels un site allemand a mis la main, auraient été enregistrés et compilés par l'Administration générale des frontières, un département de l'EI responsable des djihadistes étrangers.

La fuite des documents, qui serait l'oeuvre d'un déserteur, devrait provoquer l'ire des leaders de l'EI qui chercheront sûrement à savoir qui, dans ses rangs, a trahi l'organisation.

La police fédérale allemande a admis, hier, être en possession de dossiers apparemment authentiques qui contiennent les données personnelles de membres du groupe armé État islamique (EI). La police a fait cette révélation après que la chaîne britannique Sky News eut révélé avoir mis la main sur 22 000 dossiers du groupe djihadiste le long de la frontière entre la Turquie et la Syrie.

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