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Les stocks de bars rayés ont triplé dans le golfe du Saint-Laurent

La population du bar rayé a atteint des niveaux inégalés dans le sud du golfe du Saint-Laurent en 2017, selon les plus récentes données de Pêches et Océans Canada.

Les stocks reproducteurs de l’espèce ont triplé de 2016 à 2017 dans cette zone, indiquent les scientifiques du ministère. On estime dorénavant leur population à un million, soit 100 fois plus que dans les années 1990.

Des pêcheurs de la baie de Forteau, au Labrador, rapportent des prises de dizaines de milliers de bars rayés.

C’est hors du commun, estime le biologiste Trevor Avery, de l’Université Acadia, qui étudie le bar rayé dans le golfe. Ce serait la première fois que l’on voit cela de mémoire d’homme, selon lui.

Jusqu’à l’été dernier, la présence confirmée du bar rayé dans le sud du golfe ne surpassait pas la péninsule gaspésienne.

Un effet du changement climatique?

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la remontée de l’espèce, dont le taux de survie des larves, un écosystème plus sain, une nourriture plus abondante, explique M. Avery.

Le réchauffement de l’océan pourrait aussi être un facteur clé. Cela permet aux animaux marins de se reproduire et de croître plus rapidement, précise le biologiste.

Aucun des 11 scientifiques du ministère des Pêches et des Océans qui ont rédigé le rapport n’était disponible pour une entrevue.

« La raison de cette migration élargie et la possibilité que la situation se répète ne sont pas connues pour l’instant, mais elles pourraient être associées à la température de l’eau supérieure à la moyenne dans le golfe du Saint-Laurent au cours des dernières années », peut-on lire dans le rapport du ministère.

Le retour du bar rayé

La pêche commerciale au bar rayé a été interdite en 1996, à la suite de l’effondrement des stocks reproducteurs de l’espèce. Les pêches récréative et autochtone ont été interdites quatre ans plus tard.

Les autorités fédérales ont inscrit le bar rayé du golfe du Saint-Laurent sur la liste des espèces menacées en 2004.

Mais les stocks sont de retour. La pêche cérémoniale autochtone est à nouveau permise depuis 2012, et la pêche récréative depuis 2013.

Le bar rayé a atteint les objectifs de reconstitution de l’espèce en 2017 pour la septième année consécutive.

Décompte du bar rayé

Le gros de la population du bar rayé se trouve dans le nord-ouest de la rivière Miramichi pendant quelques semaines chaque année. Des centaines de milliers de reproducteurs y vont en mai et en juin.

Les scientifiques en profitent pour compter les poissons, en étiqueter et estimer leur population totale. Les modèles employés ont donné en 2017 des estimations variant de 450 000 à 2 millions de reproducteurs. L’estimation définitive du ministère était de 994 000.

« Quelque chose d’étrange », selon la Fédération du saumon atlantique

« L’an dernier, il se passait quelque chose dans le golfe du Saint-Laurent », affirme Nathan Wilbur, directeur des programmes au Nouveau-Brunswick de la Fédération du saumon atlantique.

Il souligne la présence en grand nombre de la baleine noire de l’Atlantique Nord. Il ajoute que des pêcheurs à Terre-Neuve ont aperçu des espèces qu’ils n’avaient jamais vues auparavant.

Le bar rayé est si abondant maintenant qu’il est temps de rétablir une petite pêche commerciale autochtone dans la Miramichi, selon Nathan Wilbur. Il dit craindre la mort d’un plus grand nombre de saumoneaux à cause de la présence plus importante du bar rayé, qui est un prédateur.

Une pêche récréative valant des millions de dollars

Il est trop tôt pour rétablir une pêche commerciale, selon Jeff Wilson, coanimateur d’un tournoi de pêche au bar rayé dans la Miramichi. Il dit que cela pourrait mettre en péril la pêche récréative qui génère des retombées économiques de plusieurs millions de dollars dans la région.

Il faut être prudent, explique Jeff Wilson, parce que la population de bar rayé pourrait s’effondrer rapidement en cas de pêche commerciale. Il faut se limiter à de petites modifications si l’on veut avoir encore du poisson dans les prochaines années, dit-il.

D’après un reportage de Paul Withers, de CBC

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