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Les syndicats accueillent froidement la nouvelle offre de Québec

« Une proposition très insatisfaisante ». Voilà comment le Front commun qui représente 400 000 employés de l'État qualifie l'offre bonifiée, déposée plus tôt en matinée, par le président du Conseil du Trésor du Québec, Martin Coiteux. Par conséquent, les représentants syndicaux affirment que le mouvement de grèves tournantes reprendra dès lundi prochain.

« On s'attendait à ce que le gouvernement bouge davantage que ce qu'il a bougé ce matin », affirme Daniel Boyer de la FTQ. De l'avis de ce dernier, « le gouvernement change quatre 30 sous pour une piastre ».

« C'est la lecture qu'on fait de la proposition du Conseil du Trésor », a-t-il dit.

« Notre but n'est pas de faire la grève, mais de négocier des conditions de travail pour nos membres », a déclaré Daniel Boyer, qui considère que le gouvernement ne négocie pas de bonne foi.

« Il [ Martin Coiteux ] ne nous a pas déposé ça comme une offre globale, on va continuer d'échanger, de travailler à la table de négociations. Nous, on vise toujours d'avoir un règlement le plus rapidement possible, mais à la satisfaction de nos membres », affirme pour sa part Francine Lévesque, vice-présidente de la CSN.

Des augmentations pour certains, mais des baisses pour d'autres

Les représentants syndicaux évaluent qu'environ 18 000 de leurs membres se retrouveront plus pauvres qu'ils ne l'étaient au départ en raison de l'exercice de relativité salariale qu'impose le président du Conseil du Trésor. Un exercice nécessaire pour corriger « certaines incohérences dans les échelles salariales des employés de l'État », aux dires de Martin Coiteux.

En vertu de cet exercice, plaide le gouvernement, 95 % des employés de l'État verront leur salaire augmenter.

Mais pour ceux dont les salaires diminueraient, « ça peut même aller jusqu'à 20 % dans les cas extrêmes », explique Francine Lévesque. Et dans le cas de ceux qui auraient des augmentations, ce serait parfois de faibles augmentations, critiquent les leaders syndicaux.

Une offre bonifiée, dit le gouvernement

Avec son offre révisée, le gouvernement de Philippe Couillard dit mettre 1,7 milliard de dollars de plus sur la table et soutient qu'il y a « bonification de 3 % à 5,3 % de l'offre globale de rémunération ». Au seul chapitre de la relativité salariale, le gouvernement dit mettre 550 millions de dollars de plus.

En ce qui concerne le régime de retraite, le gouvernement propose notamment d'étaler jusqu'en 2019 l'augmentation de l'âge donnant droit à la retraite sans pénalité actuarielle, soit de 60 à 62 ans.

« Ce qui est modifié en fait ce sont les délais d'application [...] nos craintes sont de faire face à des départs à la retraite de manière importante dans nos différents réseaux », affirme Carole Dubé du SISP.

Les syndicats disent avoir senti l'appui de la population la semaine dernière lors des divers mouvements de grève qui ont été observés.

« Le gouvernement se dirige vers une loi spéciale »

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et  la Fédération autonome de l'enseignement ont vivement dénoncé, à leur tour, les propositions du Conseil du Trésor.

Selon la présidente de la FIQ, Régine Laurent, le ministre Coiteux mène une « opération pour mêler le monde. Il met la table pour passer une loi pour décréter les conditions de travail ».

Il n'y a rien, dit-elle, pour améliorer leur sort et attirer la relève . « C'est le même montant qu'il met sur la table, mais qu'il échelonne sur cinq ans », précise-t-elle.

Le président de la FAE, Sylvain Mallette, a déclaré, lui, que « la colère des membres qu'on représente est si importante que ça va augmenter la pression. »

Il conclut, comme sa collègue de la FIQ, que « c'est clair que le gouvernement se dirige vers une loi spéciale. »

En entrevue sur les ondes de RDI, Martin Coiteux n'a pas brandi le spectre d'une loi spéciale, mais il n'a pas non plus répondu à la question de savoir s'il comptait en décréter une. M. Coiteux affirme que les syndicats « sont accrochés à des demandes qui sont d'une autre époque ». Selon lui, le gouvernement a posé un geste « significatif » en déposant cette offre bonifiée et « la balle est désormais dans le camp des syndicats ».

C'est clair qu'il y a quelque chose de très politique dans la façon dont le Conseil du Trésor joue la négociation depuis un certain temps. En même temps, il n'y a aucune raison qui pourrait justifier que le Conseil du Trésor ou le gouvernement du Québec impose par décret les conditions de travail », affirme Jacques Létourneau, président de la CSN.

Il ajoute qu'il y a « encore de la place pour la négociation ».

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