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Les taux de présence exigés des enfants en CPE sont une « aberration », dit Sylvain Pagé

Des parents utilisateurs de Centres de la petite enfance (CPE) s'élèvent contre une directive du ministère de la Famille qui oblige tout enfant inscrit à plein temps dans un CPE à être présent au moins 80 % du temps.

Cette directive, qui est entrée en vigueur le 1er avril, prévoit que les CPE qui n'atteindront pas les taux de présence exigés s'exposeront à des sanctions financières. 

Mardi à Québec, des parents mécontents ont tenu une conférence de presse en compagnie de Sylvain Pagé, député du Parti québécois dans Labelle et porte-parole de l'opposition officielle en matière de famille. Le député Pagé qualifie « d'aberrantes » ces exigences, qui sont très loin, dit-il, de ce qu'on pourrait attendre en matière de conciliation travail-famille de la part du gouvernement.

De dire Sylvain Pagé, cette directive imposant un taux de présence de 80 % équivaut à obliger un enfant à « puncher comme s'il allait travailler en usine chez Alcan ».

Otites, vacances et autres aléas

Le député péquiste explique que la directive du ministère de la Famille a pour effet d'accorder seulement 52 jours d'absence par an à un enfant, et ce, en incluant les 13 journées fériées durant lesquelles les CPE sont fermés. Or, 39 jours d'absence c'est peu quand on considère que les petits ont souvent besoin de s'absenter parce qu'ils sont malades, fait valoir M. Pagé.

Marjorie Potvin, infirmière actuellement en congé de maternité, est mère de quatre enfants âgés de neuf mois à sept ans. Son bambin de trois ans est inscrit dans un CPE qui applique la directive de la façon suivante : tout parent d'enfant ayant excédé le nombre de jours d'absence permis se voit envoyer, par courrier recommandé, un avis mettant fin à l'entente de services dans les deux semaines. Autrement dit, s'insurge Mme Potvin, « nos enfants vont être mis dehors du CPE, tout simplement ».

Cette mère et son conjoint qui travaillent régulièrement les fins de semaine devront emmener quand même l'enfant au CPE durant leurs congés en semaine, pour ne pas épuiser la banque de congés. Quant aux grands-parents, qui seront bientôt à la retraite, il leur sera difficile de passer du temps avec leurs petits-enfants, encore une fois pour ne pas épuiser les congés...

Garder son enfant à la maison, un droit « fondamental »

Emeline Tremblay-Savard a elle aussi un enfant inscrit dans un CPE : « J'ai besoin d'une place à temps plein, mais j'ai aussi besoin du droit fondamental d'avoir accès à mon propre enfant », proteste-t-elle.  

Josée Paré, quant à elle, est mère d'Émilie, deux ans et demi, qui recevra bientôt un implant cochléaire qui lui permettra enfin d'entendre.

L'enfant devra s'absenter du CPE pour une période de plus de 50 jours dans les mois à venir en raison de la chirurgie elle-même et de la thérapie de rééducation auditive qui s'ensuivra. « Si rien ne change, ma fille sera exclue du CPE, s'inquiète Mme Paré. On nous dit qu'on veut intégrer les enfants qui ont des besoins particuliers dans les services de garde, mais si on se fie à cette règle du 80 %, c'est pour mieux les exclure par la suite. »

Josée Paré dénonce le fait que le gouvernement ne s'adapte pas aux besoins des enfants.

Le ministre Proulx renvoie la balle aux CPE

Le ministre de la Famille, Sébastien Proulx, a affirmé que les CPE ne devaient pas appliquer la directive en pénalisant sur une base individuelle les parents, faute de quoi les CPE en question feraient l'objet de sanctions.

De plus, Sébastien Proulx rappelle « que ce taux de présence de 80 % a été discuté avec les associations [et qu'il] a été convenu avec elles dans le cadre des ententes qui ont été conclues ».

Le ministre de la Famille soutient que ce taux de présence « est à l'avantage des parents parce qu'il leur permet d'avoir de la flexibilité ».

Le ministère apporte des précisions

Mardi, le ministère de la Famille du Québec a publié un communiqué dans lequel il rappelle « qu'il est de la responsabilité des services de garde de conclure des ententes de services qui répondent aux besoins des familles ».

Le ministère ajoute qu'un service de garde ne devrait pas recevoir de subvention pour des jours où, de façon prévisible, un enfant ne sera pas présent.

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