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Les tensions loin de s'apaiser entre Israéliens et Palestiniens

La tension demeure vive en Israël et dans les territoires palestiniens après que le Hamas eut décrété un nouveau « jour de colère ». Le tombeau de Joseph, un site de Naplouse vénéré par les juifs, a été incendié, un Palestinien a été abattu après avoir poignardé un soldat israélien près de Hébron et trois Palestiniens ont été tués dans des affrontements.

Selon l'armée, une centaine de personnes se sont rassemblées devant le tombeau de Joseph à l'aube et ont lancé des cocktails Molotov sur l'édifice, qui a subi d'importants dégâts, avant que les forces de sécurité palestiniennes n'arrivent à les repousser.

Condamnation des violences

L'ONU « condamne fermement cet acte répréhensible » commis contre le site sacré juif. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a réclamé que les responsables « soient rapidement traduits en justice ».

« L'incendie du tombeau de Joseph démontre avec force ce qui arriverait aux lieux saints de Jérusalem s'ils étaient dans les mains de leaders palestiniens », a commenté un haut responsable du ministère israélien des Affaires étrangères, Dore Gold. 

« Nous condamnons fermement toute attaque contre les lieux saints », a pour sa part réagi l'armée israélienne dans un communiqué. « Nous trouverons et arrêterons ceux qui ont mis le feu ».

Le président palestinien Mahmoud Abbas a également condamné l'attaque. Il a ordonné que le site du tombeau de Joseph soit remis en état et a annoncé l'ouverture d'une enquête. Une déclaration de son bureau indique « qu'il rejette ces gestes et tous les gestes qui violent la loi et l'ordre et dénaturent notre culture, notre morale et notre religion ».

Un soldat israélien poignardé

Quelques heures après l'assaut contre le tombeau de Joseph, un Palestinien a poignardé et blessé sérieusement un soldat près de la colonie de Kiryat Arba, non loin de Hébron, en Cisjordanie occupée. Il a rapidement été abattu par des soldats israéliens.

Selon l'armée, l'assaillant était déguisé en photographe de presse, « ce qui lui a permis d'approcher les soldats ». L'attaque s'est produite près d'un site où se tenait une manifestation de Palestiniens organisée à la sortie d'une mosquée.

Par ailleurs, trois Palestiniens ont été tués dans des affrontements entre les troupes israéliennes et des civils qui leur lançaient des pierres dans plusieurs villes de la Cisjordanie et près de la frontière entre Israël et la bande de Gaza.

Ces agressions s'inscrivent dans la foulée d'une vingtaine d'autres menées par des Palestiniens contre des Israéliens depuis deux semaines. Ces violences, qui font craindre une nouvelle intifada, touchent essentiellement la Cisjordanie et Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël. Elles ont fait au moins 34 morts, dont plusieurs auteurs d'attentats, et des centaines de blessés du côté palestinien, contre au moins sept morts et des dizaines de blessés du côté israélien.

L'esplanade des Mosquées au coeur du litige

Toute cette tension a été essentiellement engendrée par un litige sur l'accès au site que les Palestiniens appellent l'esplanade des Mosquées, mais que les Israéliens appellent le mont du Temple.

Les Palestiniens soutiennent que des juifs visitant l'enceinte religieuse commettent des infractions à répétition. Ils estiment que le déploiement d'une force
internationale serait le meilleur moyen de garantir la protection des fidèles se rendant dans la vieille ville de Jérusalem et à la Mosquée al-Aqsa, qui se trouve sur l'esplanade. 

« Israël n'acceptera pas de présence internationale sur le mont du Temple. Une telle intervention violerait des décennies de statu quo », a commenté Danny Danon, le nouvel ambassadeur israélien à l'ONU.

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir vendredi pour aborder la situation. Aucune résolution n'est prévue, mais une déclaration appelant les deux parties à faire preuve de retenue pourrait être proposée par la France. Ce texte vise également le maintien du statu quo sur l'esplanade des Mosquées", a indiqué l'ambassadeur François Delattre devant le Conseil.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a par ailleurs eu des conversations téléphoniques séparées, jeudi et vendredi, avec le président palestinien, Mahmoud Abbas, et le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou. Il leur a demandé d'oeuvrer à ramener le calme en Israël et dans les territoires occupés.

Il doit également rencontrer en personne Benjamin Nétanyahou la semaine prochaine en Allemagne, pour discuter de moyens d'apaiser les violences entre Israéliens et Palestiniens.

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