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Les travailleurs de l'automobile en Ontario se préparent pour une grève

Les employés des trois géants nord-américains de l'automobile ont autorisé dimanche leurs comités de négociations à déclencher une grève s'ils ne parviennent pas à un accord avant l'échéance des conventions collectives, soit le 19 septembre prochain.

Les travailleurs réclament notamment des investissements durables au Canada de la part des constructeurs, afin d'assurer la survie des usines et le maintien des emplois.

Les quelque 5600 personnes qui travaillent dans le secteur de l'automobile à Oshawa se préparent pour le pire. La plupart sont employés dans l'usine d'assemblage de General Motors.

Or, la compagnie ne prévoit y assembler aucun nouveau modèle de voiture après 2019. Comme GM a commencé à exporter la production de certaines pièces, les employés sont inquiets.

« On ne pourra jamais compétitionner avec les salaires du Mexique ou de la Chine parce qu'ils sont beaucoup trop bas, admet Jeremy Pooler, un représentant syndical d'Unifor à Oshawa. Mais en ce qui concerne la productivité et la qualité, nous sommes les meilleurs ici en Ontario. »

General Motors avait évité la faillite en 2009 grâce à une aide salutaire de plusieurs milliards de dollars des gouvernements canadiens et ontariens.

Dans la municipalité d'Oshawa, les résidents se rangent derrière les travailleurs de l'usine, même si certains sont pessimistes.

Le constructeur, qui a décliné notre demande d'entrevue, réclame la signature d'une convention collective avant l'annonce de nouveaux investissements.

Scénario semblable à Windsor

Dans le sud-ouest de la province, les employés de Ford ont voté en faveur d'un mandat de grève pour assurer la production d'un nouveau modèle à l'usine de moteur de Windsor.

En l'absence de nouveaux investissements, le président du syndicat local, Chris Taylor, s'attend à des réductions de personnel.

Un scénario possible, selon Mathieu Dupuis, chercheur postdoctoral à l'Université Cornell et docteur en relations industrielles, qui s'inquiète aussi pour l'usine de General Motors à Oshawa.

« Les compagnies automobiles prennent des décisions à long terme, explique-t-il. Dans le cas des usines qui sont ouvertes depuis longtemps et qui n'ont pas eu de nouveaux produits dans les dernières années, une fermeture est très possible ».

Les deux constructeurs ont déjà rapatrié une partie de leur production aux États-Unis et en ont envoyé une autre au Mexique.

Mathieu Dupuis pense toutefois que des investissements provinciaux et fédéraux pourraient jouer en faveur des travailleurs canadiens. Des investissements auxquels le gouvernement Trudeau montré plus ouvert que le gouvernement précédent, selon lui.

Il ajoute que le mandat de grève donne un certain pouvoir au syndicat, mais qu'il s'agit d'une procédure habituelle dans ce genre de négociations. Le chercheur dit qu'il serait surpris qu'une grève soit déclenchée rapidement.

Ces mesures de pression étaient plus communes au début des années 2000, se rappelle-t-il, lorsque l'industrie automobile était en meilleure santé.

D'après les reportages de Nicolas Pham et de Édith Drouin.

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