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Les travailleurs en colère contre Boeing et le protectionnisme américain

Les travailleurs syndiqués d'Unifor des usines de Pratt & Whitney de Longueuil, de Saint-Hubert et de Mirabel ainsi que ceux du centre de finition Bombardier de Saint-Laurent ont érigé des lignes de piquetage symboliques vendredi pour dénoncer la poursuite de Boeing contre Bombardier.

Selon le syndicat, qui représente 315 000 travailleurs au Canada, dont 52 000 au Québec, ces lignes de piquetage dressées devant les usines du fabricant de moteurs d’avion Pratt & Whitney et le centre de finition Bombardier sont destinées à rappeler aux gouvernements ainsi qu’à la société l’importance de protéger les emplois en aéronautique au pays.

Plus tôt cette semaine, le syndicat qui est affilié à la FTQ au Québec a appelé à la formation d'une large coalition au pays pour sauvegarder les emplois menacés par la décision du département du Commerce américain d'imposer une taxe de 220 % sur les avions de la C Séries de Bombardier vendus aux États-Unis à la suite d’une plainte de Boeing.

Les travailleurs de Pratt & Whitney, qui fabriquent les moteurs des avions de la C Series, sont notamment menacés par cette décision du département du Commerce américain.

Les usines de Mirabel et de Longueuil, qui assemblent les moteurs de la C Series, sont particulièrement visées, estime Daniel Guy, président du comité d'usine de Pratt & Whitney pour le syndicat Unifor. « Ça pourrait faire très mal », a reconnu M. Guy sur les ondes de RDI.

Selon lui, au moins 105 travailleurs à Mirabel et 150 à l’usine de Longueuil travaillent actuellement à la production de moteurs pour la C Series.

Ces moteurs ultramodernes, plus silencieux et économes en carburant représentent l’avenir pour les usines de Pratt & Whitney au Québec, explique Daniel Guy, qui voit une réelle menace dans la décision du département du Commerce américain de surtaxer les produits de la C Series pour protéger le marché de Boeing.

Selon Daniel Guy, ce n’est pas une bataille contre Boeing mais contre le protectionnisme américain qui va, selon lui, affecter l’ensemble de l’industrie aérospatiale bien au-delà de la C Series de Bombardier.

« Ça a un impact autre que Bombardier. On parle de Pratt & Whitney, d'Avior, de Héroux-Devtek. Nous, ce qu'on dit, c'est que demain matin, si on n'a pas Bombardier comme chef de file de l'aéronautique, c'est évident qu'on va souffrir au niveau de notre population active de travailleurs », a expliqué pour sa part Serge Dupont, adjoint au directeur québécois d'Unifor.

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