Retour

Les travailleurs guatémaltèques arrêtés sont les vraies victimes, dit un organisme

Le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI) et l'Association des travailleuses et travailleurs étrangers temporaires (ATTET) soutiennent que la quinzaine de personnes arrêtées il y a trois semaines ont été « victimes du trafic de main-d’œuvre », et que les vrais contrevenants sont leurs employeurs et l’agence de placement Les Progrès.

Cette agence aurait incité les travailleurs à quitter leurs emplois pour pouvoir les replacer dans d'autres fermes du Centre-du-Québec, en leur promettant des permis de travail qu'ils n'allaient cependant jamais obtenir.

Ces travailleurs ont été exploités dès le départ [...] Ils sont venus ici pour travailler et n’avaient d’autres choix que de subir des conditions de quasi-esclavage pour payer leurs dettes et nourrir leurs familles restées au Guatemala.

Viviana Medina Velazquez, une organisatrice communautaire du CTI

La Commission de l'immigration et du statut de réfugié les a condamnés, il y a quelques jours, estimant qu’ils s’étaient placés dans l'illégalité. Ils doivent être déportés vers leur pays dans les prochains jours, et ne pourront revenir travailler au Québec pendant un an.

Payer pour travailler

Le travailleur agricole Rudy Fernando, qui sort tout juste du Centre de détention pour immigrants où il a passé 10 jours, a raconté que la ferme où il travaillait avait refusé de le payer et que l’agence Les Progrès lui avait proposé de lui trouver un meilleur employeur, moyennant un paiement de 4500 $.

Mais comme il n'a pas respecté le permis de travail qui le liait à son employeur, l'Agence des services frontaliers du Canada l'a arrêté, avec 14 de ses collègues, qui auraient tous été escroqués de la même façon.

L'agence Les Progrès, dont le propriétaire est un citoyen canadien d'origine guatémaltèque, aurait ainsi obtenu des milliers de dollars des travailleurs jusqu'au moment de leur arrestation, le 26 octobre dernier. Le propriétaire, Eswin Cordon, a été arrêté puis relâché sur promesse de comparaître.

L'avocate du CTI, Susan Ramirez, demande aussi à la Commission des normes du travail du Québec d'enquêter. « On demande qu'ils soient capables d'aller chercher les fermes qui les ont maltraités à la première place, a-t-elle dit. Et ensuite d'aller chercher l'agence de placement qui leur doit un minimum de 4500 dollars chacun. »

Avec les informations de René Saint-Louis

Plus d'articles

Vidéo du jour


Qu'est-ce qui se passe quand tu fais une détox de cellulaire?