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Les troupes irakiennes se rapprochent de Mossoul par le sud

Les forces irakiennes ont repoussé samedi le groupe armé État islamique du centre d'Hammam al Alil, dernière ville d'importance avant Mossoul sur le front sud de l'offensive lancée il y a près de trois semaines par Bagdad pour reprendre au groupe djihadiste la grande ville du nord de l'Irak.

Les forces loyalistes contrôlent le centre d'Hamman al Alil, 15 kilomètres au sud de Mossoul, a dit le général Raed Chakir Djaoudat, sans préciser si les djihadistes avaient tous été chassés du secteur.

Sur le front est, autre axe de la bataille engagée le 17 octobre, aucune avancée n'a été signalée samedi, au lendemain de la prise de contrôle par les forces spéciales de six districts qu'elles s'emploient à sécuriser.

Une autre unité a progressé plus au nord, le long de la rive occidentale du Tigre, a ajouté le général Djaoudat. « Nos forces d'élite ont atteint un secteur situé à seulement 4 kilomètres de l'aéroport de Mossoul », a-t-il dit à la chaîne Al Hourra.

Le premier ministre irakien, Haïdar Al-Abadi, s'est rendu auprès des troupes pour transmettre, a-t-il dit, « un message aux habitants de Mossoul qui sont otages entre les mains de Daech : "Nous allons bientôt vous libérer." »

Il a ajouté que la progression en direction de Mossoul avait été plus rapide que prévu, mais a reconnu qu'à mesure que les forces progouvernementales, soutenues par l'aviation de la coalition anti-EI, se rapprochaient, leur avancée pourrait se faire plus intermittente.

« Nos forces héroïques ne battront pas en retraite et ne seront pas brisées. Peut-être face aux actes terroristes, aux actes criminels, il y aura un peu de retard », a-t-il dit, évoquant les attentats-suicides à la voiture piégée, les engins explosifs improvisés et les tirs de snipers qu'utilisent les djihadistes pour défendre leurs positions.

État islamique, le règne de la terreur

Selon le général Djaoudat, 17 voitures piégées ont été détruites par les troupes progressant sur le front sud.

Un journaliste de Reuters présent à Ali Rach, un village à 7 kilomètres au sud-est de Mossoul, a pu voir de la fumée s'élever des quartiers est de la ville.

Les Nations unies mettent en garde contre le risque d'un exode massif de la population de Mossoul, qui abritait 2 millions d'habitants avant sa conquête par l'EI en juin 2014 et qui en compterait 1 million aujourd'hui.

Jusqu'ici toutefois, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), les combats ont fait seulement 31 000 déplacés et plus de 3000 habitants ont déjà regagné leur domicile.

« Les chiffres sont beaucoup moins importants que ce à quoi nous nous attendions. Nous avions entendu des chiffres de l'ordre de 500 000 à 700 000 », a déclaré William Lacy Swing, directeur de l'OIM.

À Hamman al Alil, où elles ont pénétré vendredi, les forces irakiennes ont affronté samedi un groupe d'au moins 70 djihadistes de l'EI, majoritairement des combattants étrangers, a déclaré le général Najm al Jabouri, qui commande les opérations sur Mossoul.

Une partie des djihadistes ont tenté de fuir en traversant le fleuve, mais d'autres ont opposé une forte résistance aux forces irakiennes, et trois tentatives d'attentat-suicide à la voiture piégée ont été déjouées.

Dans un communiqué, l'armée annonce que les forces de sécurité ont hissé le drapeau irakien sur un bâtiment public de la ville. Mais le communiqué militaire ne dit pas si toute la ville est désormais sous le contrôle des forces progouvernementales.

Avant l'offensive éclair lancée par l'EI en juin 2014, Hammam al Alil et les villages alentour comptaient quelque 65 000 habitants. Plusieurs centaines d'entre eux seraient retenus en « boucliers humains » par les djihadistes, mais les forces irakiennes, a dit le général Al-Jabouri, ignorent combien d'habitants ont fui la ville.

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