L'hiver s'est installé, troublant le quotidien des milliers d'occupants du camp Oceti Sakowin, situé au nord de la réserve indienne Standing Rock, dans le Dakota du Nord. Les rigueurs du climat n'ont pas pour autant affecté la détermination des manifestants. Portraits de ceux qui vivent la lutte depuis le terrain.

Près de 300 bandes des Premières Nations de partout en Amérique du Nord ont convergé vers Standing Rock pour venir prêter main-forte à la Nation sioux dans son combat contre la compagnie pétrolière Energy Transfer Partners.

Tout au long de la journée, les voitures attendent patiemment en ligne afin d’entrer sur le site. Chaque jour, de nouveaux visiteurs et manifestants affluent vers Standing Rock.

Holy Elk Lafferty

Pour Holy Elk Lafferty, le mouvement n'est pas près de s'essouffler, malgré les menaces du gouverneur du Dakota du Nord de faire évacuer le camp d'urgence en raison des conditions difficiles de l'hiver.

« Ce qui m’amène ici, c’est l’eau. La terre. Ce pipeline, oui, mais aussi tous les pipelines. Il y a plusieurs énergies alternatives; nous devons laisser les carburants fossiles sous la terre. Nous vivons dans ce monde et cette économie axée sur le pétrole, qui profite surtout aux riches et aux puissants. Mais la terre s’en trouve détruite, et notre survie en tant qu’espèce est compromise », explique-t-elle.

Nous sommes ici jusqu’au bout. Ça fait partie de notre philosophie : se sacrifier pour la cause.

Holy Elk Lafferty

Brucy Berry

Brucy Berry a servi au Vietnam. Maintenant, à 71 ans, il fait partie d'un groupe de vétérans pour la paix, qui sont venus grossir les rangs du mouvement. Sa place est ici, en ce moment, à Standing Rock, précise-t-il. M. Berry prend au sérieux les risques d'affrontements entre les manifestants et les autorités.

Je pense que nous pourrions nous retrouver ici avec une sorte de champs de bataille. Eux contre nous. Et nous ne voulons pas que quiconque se fasse blesser.

Brucy Berry

« C’est une lutte pacifique contre ceux qui contrôlent l’énergie. Notre futur est en jeu. Il y a aussi la question des changements climatiques. Nous devons nous unir », soutient-il.

Mike Cobb

Sur son vélo stationnaire, Mike Cobb pédale pour permettre à plusieurs personnes de charger leurs téléphones. « Ma mission, c’est que l’on puisse montrer ce qui se passe vraiment ici. Il faut que la population se fasse une opinion à partir du terrain et non pas par l’entremise des grands médias. Ils ont tendance à faire mal paraître ce mouvement pacifiste en montrant seulement les gestes de violence de quelques jeunes en colère », explique-t-il.

Plus les gens auront accès à leur téléphone, plus on pourra montrer la réalité ici… qui est merveilleuse !

Mike Cobb

Thomas Yellow Horse Davis

Thomas Yellow Horse Davis est sur place depuis le début du mouvement, passant ses nuits installé dans une petite tente de toile.

« N’oublions pas que notre peuple a toujours vécu comme ça », lance-t-il, avant de désigner le reste du campement. « Vous voyez le nombre de tipis qu’il y a ici ? On a gardé notre savoir-faire, même si les temps ont changé. »

Il faut admettre que le climat est rude. C’est parfois difficile, mais on prend soin de tout le monde.

Thomas Yellow Horse Davis

« Les occupants se gardent au chaud grâce à un système de chaufferettes au propane. Ça peut être dangereux, mais on prend nos précautions en ventilant les tentes », explique Thomas Yellow Horse Davis.

Jérôme Gaulin

Sur les lieux depuis une dizaine de jours, Jérôme Gaulin prévoit encore rester sur le campement une semaine de plus. Sa petite tente n'est pas chauffée, mais il ne craint pas l’hiver ni les intempéries. Les gens réunis ici sont beaux et leur lutte est noble, estime-t-il.

Avec les informations de Janic Tremblay.

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