Le groupe Liberty Media du milliardaire et magnat des communications américain John Malone a pris mercredi le contrôle de la F1.

L'entente, évaluée à plus de 8 milliards de dollars, dette comprise, a été confirmée en soirée, et met fin à plusieurs années d'incertitude sur l'avenir de la gestion de ce championnat.

Bernie Ecclestone, considéré comme l'architecte de la F1 moderne, en restera le PDG, selon les termes de l'accord.

Chase Carey, ancien vice-président de la société 21st Century Fox, prend la direction de Formula One, l'organisme qui gère la F1, à titre de président.

Le montage de l'opération est passablement compliqué et doit aboutir au contrôle effectif de Formula One par Liberty Media d'ici la fin du premier trimestre 2017 par l'entremise de l'acquisition de 100 % du holding Delta Topco, la filiale du fonds d'investissement CVC Partners qui contrôlait jusqu'ici la F1.

Le capital sera alors partagé entre Liberty Media et certains des actionnaires actuels qui seront représentés au sein du conseil d'administration.

Dans un premier temps, Liberty Media va prendre une participation de 18,7 % pour 761 millions de dollars. 

Liberty Media doit obtenir le feu vert de la Fédération internationale de l'automobile (FIA) ainsi que des autorités de la concurrence, alors que la Commission européenne mène actuellement une enquête sur les méthodes de gestion de la F1.

Bernie Ecclestopne, 85 ans, a salué l'arrivée de Liberty Media et de Chase Carey.

« Je suis un grand admirateur de la F1, une franchise sportive unique qui attire des centaines de millions d'amateurs chaque saison dans le monde. Je vois de grandes occasions pour aider la F1 à continuer à se développer pour le bien du sport, des amateurs, des équipes et des investisseurs », a expliqué Chase Carey, cité dans le communiqué.

Les équipes de F1, au nombre de 11 actuellement, reçoivent également une part des revenus aux termes d'un accord qui court jusqu'en 2020.

On compte parmi elles des noms aussi prestigieux que Ferrari, Mercedes-Benz, Renault, McLaren et Red Bull. Outre la compétition sur la piste, leurs rapports sont souvent acrimonieux dès lors qu'il s'agit de se répartir les revenus de la compétition, le modèle actuel avantageant les plus grosses d'entre elles.

Mais la structure résultant de l'acquisition de Formula One par Liberty Media leur permettra de devenir actionnaires en acquérant les titres qui seront cotés en Bourse, a souligné le nouvel acquéreur. Les modalités exactes de cette participation doivent toutefois encore être définies.

Grâce à son implication dans la formule E par l'entremise de Liberty Global et de la chaîne de télévision Discovery, d'autres entreprises qu'il contrôle, John Malone n'est pas complètement étranger au monde des sports mécaniques. Conformément à son habitude d'investisseur puissant, mais extrêmement discret, son nom n'apparaît pas dans la transaction.

L'arrivée de capitaux américains pourrait également annoncer pour la F1 un éventuel développement aux États-Unis, où elle n'est jamais arrivée à s'imposer face à d'autres disciplines comme la NASCAR ou l'IndyCar.

Ecclestone voit en Liberty un conglomérat ayant les ressources, l'expertise et la vision pour augmenter le rayonnement de la F1, surtout aux États-Unis.

« Ce sont des Américains qui font affaire depuis longtemps avec les réseaux de télé là-bas, a dit Ecclestone. Ils ont l'appui de beaucoup de commanditaires à la télé et dans les réseaux sociaux, un aspect que nous n'avons pas autant courtisé par le passé. »

La F1 présente une course aux États-Unis depuis 2012, après quatre ans d'absence. En vertu de l'entente, la course est présentée à Austin au Texas.

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