L'ex-entrepreneur en construction Lino Zambito n'ira pas en prison, bien qu'il ait reconnu sa culpabilité à six chefs d'accusation de fraude, de complot et de corruption.

Il a été condamné mardi à une peine de prison de deux ans moins un jour avec sursis, assortie de 240 heures de travaux communautaires et d'une probation de trois ans.

Le juge Paul Chevalier de la Cour du Québec s'est donc rendu à la suggestion commune des avocats de la Couronne et de la défense dans cette affaire.

Lino Zambito a commenté la peine qui lui a été infligée au sortir de la salle d'audience du palais de justice : il affirme avoir vécu beaucoup de stress et d'insécurité, non seulement durant le procès lui-même mais durant les périodes d'attente entre les différentes procédures. 

L'ex-propriétaire d'Infrabec a admis en mai dernier qu'il a illégalement financé le parti de l'ex-mairesse de Boisbriand Sylvie Saint-Jean pour obtenir des contrats de la municipalité, dont celui de l'usine d'épuration.

Lino Zambito a été le témoin-vedette de la commission Charbonneau, devant laquelle il a fait une multitude de révélations-chocs sur le milieu de la construction et la politique municipale.

Il a été le premier à affirmer que les entrepreneurs en construction faisaient de la collusion pour faire gonfler les prix des contrats de construction, au détriment des contribuables.

Il a aussi révélé que ces mêmes entrepreneurs versaient des ristournes à des partis politiques municipaux, à Montréal et ailleurs, ainsi qu'au clan mafieux des Rizzuto.

M. Zambito affirme ne s'être « jamais caché » et s'être « tenu debout » en collaborant en tout temps. « J'ai été le premier à briser la glace, dit-il. J'étais partie prenante de ce système qui était en place. »

« La guerre n'est pas finie » - Lino Zambito

En entrevue sur les ondes d'ICI RDI, Lino Zambito a déclaré qu'à son avis, les autorités devaient demeurer vigilantes : « Si on pense que la corruption et la collusion ont été enrayées complètement de l'industrie [de la construction], je pense que c'est se conter des menteries. [...] La guerre n'est pas finie ».

À quelques semaines du dépôt du rapport de la Commission Charbonneau, Lino Zambito pense qu'un aspect n'aura pas été complètement exploré : celui du financement occulte des partis politiques. L'ex-entrepreneur en construction soutient que la Commission « n'est pas allée au fond du problème ».

Il souhaite que des élus et d'ex-élus au niveau provincial soient arrêtés : « Absolument, dit-il à cet égard, j'espère que l'UPAC va prendre la balle au bond et [...] qu'on va arriver à faire les arrestations des gens qui étaient à la tête de ce système-là ».

Lino Zambito dit être sorti complètement du monde de la construction et n'entend pas y retourner de sitôt. Il affirme cependant avoir encore beaucoup de choses à dire sur son expérience et n'exclut pas la possibilité d'en faire un livre, éventuellement. Relativement à son témoignage de la Commission, il dit ne rien regretter bien qu'il eut fait l'objet, à l'occasion, d'intimidation. « Le temps m'a donné raison », conclut-il.

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