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Lisée dénonce le « mille-feuille de mensonges » des libéraux dans l'affaire Daoust

Les partis d'opposition accusent le gouvernement Couillard d'avoir sacrifié l'ex-ministre Jacques Daoust dans le dossier de la vente controversée de Rona à Lowe's pour sauver la face. Les libéraux se font cependant avares de commentaires, par respect, disent-ils, pour leur collègue récemment décédé.

Les trois partis d’opposition n’ont pas mis de temps à riposter mercredi matin à la publication, par le Journal de Montréal, du contenu d’un document dans lequel l’ex-ministre de l’Économie, décédé l’an dernier, affirme avoir été piégé par son propre gouvernement pour le forcer à endosser publiquement la vente par Investissement Québec du bloc d'actions qu'il détenait dans Rona, ouvrant ainsi la porte à la vente à Lowe's.

Le chef péquiste Jean-François Lisée a dit considérer ces révélations comme une preuve de plus de l’antinationalisme économique pratiqué par le gouvernement Couillard. Dans cette veine, il l'a d'ailleurs accusé au passage de faire fabriquer tous les trains du REM en Inde alors que des gens perdent leur emploi à l’usine Bombardier de La Pocatière.

Pour le chef de l'opposition officielle, Jacques Daoust, qui a affirmé à plusieurs reprises être opposé à la vente du bloc d’actions, « aurait voulu faire la bonne chose, mais en a été empêché ».

« La parole de M. Daoust, une fois qu’elle est libre, a plus de valeur que pendant qu’il est dans la controverse, dans le mille-feuille de mensonges », a ajouté Jean-François Lisée.

De la « lâcheté », selon la CAQ

Pour le leader de la CAQ, François Bonnardel, le fait qu’on a obligé un ministre à endosser seul une décision aussi controversée et pour laquelle il n’était pas d’accord, relève de la « lâcheté ».

Abus de pouvoir

Sur les bancs de Québec solidaire, le député Amir Khadir ne semblait quant à lui pas surpris des révélations attribuées à Jacques Daoust dans la mesure où le premier ministre Couillard et son entourage concentrent, selon lui, beaucoup « trop » de pouvoir entre leurs mains , dont celui de mentir à la population.

Rappelons que dans un document qu’il a confié à ses anciens conseillers politiques avant sa mort, à la suite d’un ACV l’an dernier, à l’âge de 69 ans, l'ancien ministre de l'Économie du Québec soutient avoir été piégé par son personnel politique et sacrifié par son propre gouvernement dans le dossier de la vente des actions de Rona détenues par Investissement Québec. Selon M. Daoust, c’est son chef de cabinet, Pierre Ouellet qui aurait autorisé la transaction sans lui en parler.

Peu de commentaires au gouvernement Couillard

Au gouvernement, les commentaires sur ces révélations ont été pour le moins minimalistes.

Le premier ministre Philippe Couillard, entre autres, a refusé de commenter le dossier par respect pour la mémoire de son ancien collègue, tout comme le ministre Robert Poëti, qui a d’ailleurs sévèrement rabroué un journaliste à l’entrée du caucus qui l’accusait de se cacher derrière cet argument pour ne pas répondre à ses questions.

Pour la ministre de l'Économie actuelle, Dominique Anglade, qui a succédé à M. Daoust à l'Économie les révélations de Jacques Daoust sont difficiles à commenter dans la mesure où son ex-collègue étant aujourd’hui décédé, elle ne peut le questionner ou lui parler.

Une transaction consensuelle

Désirant rétablir certains faits, Mme Anglade a rappelé que la décision de vendre Rona était à l’origine une décision du conseil d’administration de Rona et du conseil d’administration de Lowe’s. « La transaction était consensuelle », a rappelé la ministre.

Elle a aussi souligné que les fonds engagés dans Rona par Investissement Québec étaient des fonds propres à Investissement Québec et que par conséquent, leur utilisation ne requérait pas l’approbation du ministre.

En ce qui a trait aux pressions internes évoquées par Jacques Daoust pour mentir et endosser publiquement, à l’encontre de ses convictions, la décision, Dominique Anglade a affirmé que, pour sa part, elle n’a jamais été l’objet de telles pressions, de qui que ce soit, dans l’exercice de ses fonctions.

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