Retour

Lisée ne veut pas de « bar ouvert » dans les cégeps anglophones

En marge de la présentation d'une série de capsules informatives visant à répondre aux « grandes questions » sur un Québec souverain, le chef du Parti québécois (PQ) Jean-François Lisée a dit vouloir revoir le fonctionnement des cégeps de langue anglaise, où l'on compte de plus en plus d'étudiants francophones ou allophones.

La question est épineuse pour le chef souverainiste. À l'approche du congrès de son parti, prévu la fin de semaine prochaine au Palais des congrès de Montréal, M. Lisée martèle sa volonté de s'attaquer au dossier de la langue d'enseignement aux études supérieures.

Réaffirmant le « droit inaliénable » de la minorité anglophone à recevoir un enseignement dans sa langue, le chef péquiste a toutefois estimé qu'il faut trouver un « point d'équilibre » lorsqu'il est question d'offrir une éducation dans la langue de Shakespeare aux étudiants francophones ou à ceux dont la langue maternelle n'est pas l'anglais.

Ce faisant, M. Lisée a repris en conférence de presse, mardi, ce qu'il déclarait déjà la semaine dernière, soit que la loi 101 ne serait pas étendue aux cégeps.

« Je respecte la volonté des gens qui souhaitent [l'élargissement de la Charte de la langue française], mais ce n'est pas là le désir de la majorité des participants du congrès », a-t-il lancé.

Pour parvenir à son objectif, le chef souverainiste souhaite plutôt revoir le financement accordé aux cégeps de langue anglaise, histoire de l'adapter en fonction du nombre d'étudiants anglophones.

« Désir légitime »

Ce nombre fait d'ailleurs du surplace depuis quelques années, avec un peu plus de 11 200 étudiants anglophones répartis dans les cinq établissements de la province en 2015-2016, comparativement à 11 640 en 2013-2014, selon les données de la Fédération des cégeps du Québec.

Du côté des francophones et des allophones, c'est près de 1000 nouveaux étudiants qui se sont ajoutés sur les bancs d'école de ces mêmes cégeps pendant cette période, soit de 15 800 à 16 600.

Qu'arrivera-t-il, alors, à ces étudiants francophones et allophones qui souhaitent vraisemblablement améliorer leur anglais ?

« Je sais qu'il y a un désir légitime d'apprendre l'anglais, entre autres pour se donner plus de chances sur le marché du travail. Est-il possible, alors, de mieux enseigner l'anglais dans les cégeps francophones ? », s'interroge M. Lisée.

Le leader souverainiste n'a toutefois pas voulu se prononcer sur les éventuelles modifications qui seraient apportées au calcul du financement accordé aux cégeps, calcul qui s'appuie en ce moment sur le nombre d'inscrits.

« Chaque année, les cégeps demandent des extensions [financières]... le trésor public n'est pas sans fond. Bien des cégeps en région souffrent d'une pénurie d'inscriptions. Cela s'inscrit également dans la recherche d'un équilibre. »

Le chef péquiste est également revenu sur la possibilité d'imposer un examen de compréhension du français aux étudiants anglophones, une idée qu'il évoquait déjà au début de l'année.

Informer sur la souveraineté

La question de la langue - la langue parlée au travail, cette fois - se retrouve aussi au coeur de la série de capsules informatives lancées mardi par le PQ pour répondre aux principales questions sur le projet souverainiste.

Intitulée 50+1 réponses, cette série de fiches se décline sous forme animée et textuelle sur le site internet du parti.

Les sept capsules mises en ligne portent également sur l'agriculture, la gestion de l'eau, l'impact de l'indépendance sur les retraites, l'accueil des immigrants et la gestion des frontières, ainsi que sur le transport de pétrole par des oléoducs, ou encore la santé.

« Nous nous sommes engagés à fournir de nouveaux outils [pour parler d'indépendance] », a expliqué M. Lisée.

Selon lui, certaines questions (et leurs réponses) sont les mêmes depuis le tout début du mouvement souverainiste. D'autres, comme la gestion du flux migratoire en provenance des États-Unis, sont adaptées à l'actualité.

« Il n'y aura pas de référendum dans un premier mandat [péquiste], mais nous allons parler d'indépendance », a soutenu le chef du PQ.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine