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Livraison de cannabis à domicile : des facteurs inquiets

Des employés de Postes Canada appréhendent l'entrée en vigueur, le 17 octobre prochain, de la loi qui permettra la consommation de marijuana à des fins récréatives au Canada. Ils craignent pour leur sécurité.

Un texte de Marie-Laurence Delainey

« Ça peut être dangereux dans certains secteurs, je crois. Les gens [...] qui consomment déjà [du cannabis] sont des clients potentiels à nous agresser aussi de temps en temps », explique le facteur Maurice Lavoie.

Chaque année, des facteurs sont victimes d'agression. Dans la plupart des cas, il s'agit de vols de trousseaux de clefs.

« Ça dépend de la quantité qu’on peut livrer. Si c’est un gros colis, ici dans le secteur, on se fait achaler souvent. C'est sûr qu'il faut qu'on se surveille, mais des fois, on est dans nos affaires, on n'est pas tout le temps à regarder s'il y a des gens derrière », explique le facteur Michel Picard.

Livraison à domicile

Lorsque le cannabis sera légal au Canada, les gens qui le souhaitent pourront s'en procurer en personne auprès d'un distributeur autorisé. Au Québec, c'est la Société québécoise du cannabis, une filiale de la SAQ, qui s'en chargera.

Il sera aussi possible d'en acheter en ligne. La commande sera alors livrée à domicile. La SAQ n'a pas encore dévoilé le nom de l'entreprise qui en fera la livraison, mais selon nos sources, Postes Canada serait en lice.

La société d'État livre déjà du cannabis à des fins thérapeutiques.

Mesures de sécurité prévues

Postes Canada affirme que des mesures de sécurité sont prévues dans le cadre de la nouvelle loi :

  • il devra y avoir un système de repérage de colis;
  • le livreur devra s'assurer que le destinataire a l'âge minimum requis établi par la province;
  • l'envoi devra respecter les règles d'emballage du fédéral et du provincial.

Les facteurs rencontrés par Radio-Canada proposent une autre solution.

« Si on laissait une carte d'avis de livraison, le client pourrait se déplacer à la pharmacie chercher son colis, donc il n’y aurait aucun danger pour personne », ajoute M. Picard.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs des postes, pour sa part, affirme que la procédure actuelle assure déjà la sécurité de ses membres, mais se dit disposé à faire des démarches auprès de l'employeur si la situation devait changer.

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