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Livraison du courrier à domicile : Ottawa reporte sa décision

Le gouvernement fédéral, qui devait décider du sort de la livraison à domicile du courrier au printemps dernier, a annoncé qu'il décalait sa décision à la fin de 2017.

Dans un courriel envoyé à CBC, un porte-parole du ministère des Services publics explique que le gouvernement travaille toujours à suspendre la conversion du service postal en boîtes communautaires. « C’est un dossier complexe et nous voulons être certains de bien faire les choses pour tous les Canadiens. »

Le président du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes rejette toutefois cette explication. « Nous avons donné plusieurs occasions au gouvernement de trouver des solutions, mais malheureusement ils ont retardé, hésité et ne font rien », a déclaré Mike Palecek.

« La vérité, c'est que l'industrie postale change, ajoute le porte-parole des syndiqués. Oui, nous voyons un déclin dans le volume de lettres, mais nous voyons aussi une hausse rapide du nombre de colis. »

La situation financière de Postes Canada montre cependant que la hausse du nombre de colis n’arrive pas à compenser le déclin du volume de lettres, estime Ian Lee, professeur associé à la Faculté de commerce de l’Université Carleton.

Selon lui, Postes Canada se dirige vers des pertes financières grandissantes, ce qui rend difficile pour les libéraux la possibilité de tenir leur promesse électorale.

Toutes les données indiquent que les libéraux font fausse route en voulant annuler cette décision, croit-il.

En 2013, le gouvernement conservateur avait annoncé que la livraison du courrier à domicile serait remplacée par des boîtes communautaires. Une décision controversée qu'il avait justifiée par les difficultés financières de Postes Canada.

Les libéraux, comme les néodémocrates, ont fait campagne contre cette décision en 2015. En accédant au pouvoir, les libéraux avaient décrété un moratoire sur toutes futures conversions.

« Ils semblent tiraillés entre leur volonté politique et ce que révèlent les données empiriques », a affirmé M. Lee.

Plus encore, l'économiste estime que les libéraux, qui s’enfoncent déjà dans les déficits, ne peuvent en créer davantage.

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