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Loi 101 au cégep : un compromis se dessine au PQ

Le fameux « point d'équilibre » évoqué par Jean-François Lisée sur la question de la langue d'enseignement au cégep passerait par une version remaniée d'une proposition soumise par l'Association régionale de l'Estrie et qui entend limiter l'accès aux cégeps de langue anglaise aux étudiants ayant fait leurs études primaires et secondaires en français.

Un texte de Hugo Lavallée, correspondant parlementaire à Québec

Les tractations se poursuivent pour en arriver à un compromis sur la question de l'accès aux cégeps de langue anglaise à trois jours du début du Congrès national du Parti québécois.

Le chef péquiste a clairement écarté, à l'issue du caucus de ses députés la semaine dernière, les propositions des quatre associations souhaitant étendre les dispositions de la loi 101 au niveau collégial. L'adoption d'une telle mesure aurait eu pour effet d'empêcher les étudiants francophones et allophones de fréquenter les cégeps anglophones.

L'attention se tourne donc maintenant vers un texte adopté par les militants de l'Estrie, qui apparaît comme une proposition de compromis. L'Association de l'Estrie propose d'interdire l'accès aux cégeps de langue anglaise aux étudiants francophones et allophones n'ayant pas terminé la majorité de leurs études primaires et secondaires en français. Ainsi, en vertu de ce principe, un étudiant allophone, récemment arrivé au Québec, ne pourrait pas fréquenter un cégep anglophone.

« Il y a une volonté autant du chef que de l'aile plus nationaliste du parti de trouver un terrain d'entente, de trouver un amendement qui rallierait tout le monde », affirme le militant et membre de l'exécutif national à l'origine de la proposition, Guillaume Rousseau. Il poursuit les discussions avec les militants dans l'optique d'amender son texte et d'obtenir l'appui du chef péquiste.

Financement des établissements

Comme le rapportait mardi Le Devoir, une version remaniée du texte qui circule présentement et que Radio-Canada a obtenue inclut aussi un dispositif, proposé par l'Association de Verchères, visant à ce que le financement des établissements collégiaux soit proportionnel au poids démographique de la communauté historique de langue anglaise. Contrairement à ce que certains avancent, cet ajout au texte ne viserait toutefois pas à remplacer les dispositions prévues pour restreindre l'accès aux cégeps anglophones, mais plutôt à les compléter.

« Si l'on adopte des mesures incitatives et une mesure obligatoire plus ciblée dans le but d'augmenter la proportion d'étudiants dans les cégeps francophones, ça aura un impact sur le financement. C'est logique. Ce sont des propositions complémentaires, pas contradictoires », explique Guillaume Rousseau.

En plus de limiter l'accès aux cégeps anglophones, la proposition de l'Estrie prévoit aussi l'instauration d'une épreuve uniforme de français dans les cégeps anglophones, l'application des dispositions de la loi 101 à l'éducation des adultes et aux écoles de formation professionnelle ainsi que la bonification de l'enseignement de l'anglais dans les cégeps francophones.

Les associations des régions de la Montérégie, des Laurentides, de Montréal-Ville-Marie, de même que l'association de la circonscription des Mille-Îles proposent pour leur part d'étendre toutes les dispositions de la loi 101 au niveau collégial.

En tout, cinq propositions distinctes portent sur la langue d'enseignement au cégep dans la documentation envoyée par le Parti québécois à ses délégués à la fin du mois d'août. Toutes ces propositions sont sujettes à amendements lors de leur discussion en ateliers pendant le congrès.

En dépit des échanges informels qui ont cours présentement, la question risque fort de ne pas se régler avant le début du congrès. « Ça risque de se décider en débat à la dernière minute et ce sont les membres qui vont en disposer au congrès », conclut M. Rousseau.

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