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Louis Morissette revient sur son texte controversé à Tout le monde en parle

Le producteur et comédien Louis Morissette est revenu, sur le plateau de Tout le monde en parle dimanchesur le texte controversé qu'il a signé dans le magazine Véro, se défendant de ne pas vouloir engager de comédiens noirs.

Rappelons que, dans ce texte, Louis Morissette affirme qu'il a subi des pressions pour engager un comédien noir, en l'occurrence Normand Brathwaite, pour interpréter un personnage noir (François Bugingo) lors du plus récent Bye bye. Il aurait préféré voir un des comédiens blancs de la distribution interpréter ce rôle pour des raisons logistiques et budgétaires.

En réaction à ce texte, une pétition réclamant la fin du blackface et une plus grande diversité à l'écran est née. L'histoire a, depuis, fait couler beaucoup d'encre, notamment sur les réseaux sociaux.

« Après la publication, j'ai lu des comptes-rendus où on disait : "Tu ne veux pas engager des Noirs, tu es raciste." Ce n'est pas ça », a d'abord expliqué Louis Morissette, qui n'a pas souhaité s'excuser pour la publication de ce texte.

Pour Carla Beauvais, activiste et coordonnatrice du Mois de l'histoire des Noirs, toute cette histoire envoie le mauvais message aux jeunes acteurs et actrices noirs qui souhaitent décrocher des rôles.

Le débat, qui réunissait également sur le plateau de Tout le monde en parle le porte-parole du Mois de l'histoire des Noirs, le rappeur Webster, ainsi que le comédien et professeur au Conservatoire d'art dramatique de Montréal Gilbert Turp, s'est rapidement déplacé vers la question de la diversité à l'écran au Québec.

« Est-ce que la télé de 2016 représente le Québec? La réponse est non, a poursuivi Louis Morissette. Je prends la position de producteur et je parle également pour les réalisateurs, on est trop blancs! On veut y aller, mais ce n'est pas simple. »

Le manque de diversité à la télévision et au cinéma est un des sujets de l'heure dans le monde du divertissement, autant au Québec qu'aux États-Unis, où la cérémonie des Oscars a été montrée du doigt depuis l'annonce des nominations.

« On dit souvent que les Noirs ne se présentent pas aux auditions, mais ces gens ne vont pas y mettre toute l'énergie et la préparation s'ils ne sont pas sûrs de faire carrière », a ajouté le rappeur Webster, qui a également souligné que l'histoire des Noirs et le passé esclavagiste du Canada sont peu enseignés dans les écoles au pays.

Peu de rôles, peu d'occasions

Sur le plan de la représentation de la diversité à l'écran, Carla Beauvais a cité en exemple une des émissions les plus populaires de la télévision québécoise, Unité 9, qui, selon elle, pourrait faire plus pour intégrer des personnages issus de la diversité.

« C'est péjoratif ce que je vais dire, mais je trouve particulier qu'on dise qu'il y a de la place pour les Noirs quand on voit Unité 9, une émission qui se déroule dans une prison, où la diversité ethnique est bien représentée à Montréal. Il y a une Noire, et c'est la plus méchante. »

Elle ajoute que le symbole du blackface demeure, en 2016, lourd de sens en raison d'une discrimination encore bien présente au Québec.

Gilbert Turp a, pour sa part, plaidé pour davantage de dialogue, la seule manière, selon lui, de faire avancer les choses.

« Ni dans le cas de Denise Filiatrault [metteure en scène de Revue et corrigée], ni dans celui de Louis Morissette il n'y a eu de la mauvaise foi ou quelque chose de vicieux. C'est pour ça qu'il ne faut pas antagoniser les débats, mais plutôt se mettre en mode solution. »

Louis Morissette en a tout de même profité pour lancer un appel aux jeunes qui souhaitent faire carrière à la télévision ou au cinéma, les invitant à se présenter dans les écoles de jeu et d'humour.

Le producteur a terminé en indiquant qu'il ne s'investirait sans doute pas dans le prochain Bye bye sur le plan créatif, souhaitant passer le temps des Fêtes avec sa famille. Sa maison de production, KOTV, pourrait toutefois à nouveau signer l'émission de fin d'année.

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