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Luce Julien, première femme à la direction de l'info de Radio-Canada

Luce Julien, jusqu'ici rédactrice en chef du quotidien montréalais Le Devoir, devient directrice générale de l'information de Radio-Canada. Première femme de l'histoire du diffuseur public à occuper ce poste « extrêmement prestigieux », ce qui la rend « profondément fière », elle entrera officiellement en poste le 31 juillet prochain.

Un texte de Bernard Barbeau

Michel Bissonnette, vice-président principal de Radio-Canada, en a fait l’annonce vendredi matin dans une note aux employés.

Mme Julien succède à Michel Cormier, qui avait annoncé en mars dernier qu'il allait prendre sa retraite cet été.

« Je suis extrêmement touchée d’être la première femme directrice générale de l’information », a-t-elle dit en entrevue à l'émission d'ICI RDI 24/60 dans un segment diffusé vendredi soir.

Elle a cependant fait remarquer que plusieurs femmes dirigeaient différents services du diffuseur public : « Radio-Canada a été un précurseur à cet égard. Il y a beaucoup à Radio-Canada de femmes qui sont directrices générales depuis des années et il y a beaucoup de femmes à l’antenne. […] Radio-Canada est même assez un modèle. »

D'ailleurs, le mois dernier, la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, annonçait que Catherine Tait avait été choisie pour devenir présidente-directrice générale de la société. Son mandat de cinq ans débutera le 1er juillet.

Avant de prendre la barre de la salle de rédaction du Devoir, en février 2016, Luce Julien avait passé 23 ans à Radio-Canada, où elle a dirigé les nouvelles radio, ICI RDI, ainsi que l'information multiplateforme et numérique.

« À Radio-Canada comme au Devoir, Luce a été au coeur de la transformation numérique de l'information, a souligné M. Bissonnette. Avec l'équipe du Devoir, elle a entre autres lancé l'application mobile et le nouveau site web du quotidien, alors que chez nous, elle a largement contribué à instaurer la culture du numérique dans notre service de l'Information. Elle est aussi derrière le lancement du magazine D au Devoir et de l'émission 24/60 sur ICI RDI, entre autres réalisations. »

« Je trouve ça précieux d’avoir trouvé quelqu’un qui a vécu pendant plusieurs années à Radio-Canada, qui est allé vivre une autre expérience – notamment au Devoir – et qui revient aujourd’hui encore plus riche de toutes ces expériences professionnelles », a indiqué M. Bissonnette en entrevue.

Le directeur du Devoir, Brian Myles, a écrit vendredi sur Twitter : « Elle va me manquer. Merci, Luce, d'avoir eu le courage de m'accompagner au Devoir à un moment charnière de notre histoire. »

Dans la continuité

Luce Julien s’est engagée « à maintenir les hauts standards de qualité du service public ».

« Plus que jamais, nous avons besoin de médias sérieux et de journalistes rigoureux qui sont obsédés par l'exactitude des faits, a-t-elle poursuivi. C'est le rôle de Radio-Canada d'offrir aux citoyens une information indépendante de toute influence, une information de qualité, crédible, qui leur permette de mieux comprendre la société dans laquelle ils évoluent. »

Lors d'une brève rencontre avec les employés de l'information qui l'ont chaleureusement applaudie, vendredi, Mme Julien a dit être ravie et même « très émue » de rentrer au bercail après trois ans d'absence.

Soulignant que l'information de Radio-Canada est déjà sur la bonne voie, elle a indiqué qu'elle arrivait en poste avec « un mandat de continuité ».

Luce Julien et Michel Cormier travailleront ensemble d'ici la fin juillet pour assurer une transition sans heurts.

M. Cormier a souligné que, comme la nouvelle directrice générale connaît déjà bien la maison et son fonctionnement, il n'y aurait pas « un apprentissage de six mois » qui retarderait ses futures réalisations.

« Elle connaît intimement cette machine, beaucoup de ses artisans, donc ça va être une transition très très facile », a-t-il dit en entrevue.

« Mais plus important encore, Luce incarne comme peu de journalistes les valeurs du service public et du journalisme responsable, a-t-il ajouté. Et ça, dans cette période trouble que l’on vit [dans le secteur des médias d’information], c’est un atout exceptionnel pour Radio-Canada. »

Les défis de l'époque

Mme Julien a noté que cette époque difficile pour les médias, où les réseaux sociaux prennent tant de place, est aussi « exaltante », car « c’est une période où il faut réfléchir à tout ce qu’on fait et surtout réfléchir aux nouvelles habitudes de consommation de l’information et tenter – je dis bien "tenter" – d’avoir une vision du futur de l’information ».

« On sait que les marques fortes – Radio-Canada a une marque très forte, d’autres médias ont aussi une marque très forte – restent quand même des repères et un rempart contre les fausses nouvelles », a-t-elle dit.

« C’est fondamental que Radio-Canada soit sur Instagram, sur Facebook, sur tous les réseaux sociaux », a-t-elle expliqué à l'animatrice de 24/60 Anne-Marie Dussault. « On ne peut pas sacrifier une génération, ne pas informer une génération qui ne vous regarde peut-être pas, Anne-Marie, en tout cas en direct, mais qui peut écouter des extraits sur Twitter ou Facebook. »

Pour sa part, Michel Cormier a reconnu ressentir un pincement au coeur, à l'approche de sa retraite, ajoutant toutefois : « Je pars l’âme en paix, parce qu’on est entre de bonnes mains. »

M. Cormier, qui a déjà publié plusieurs livres, entend maintenant se remettre à l'écriture.

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