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Macron met la Chine en garde contre les dérives « hégémoniques »

La France et l'Europe devraient collaborer au colossal projet des nouvelles routes de la soie cher au président chinois Xi Jinping, a estimé le président français Emmanuel Macron, qui amorce lundi sa première visite officielle dans l'empire du Milieu.

« Après tout, les routes de la soie n’ont jamais été purement chinoises », a-t-il observé lors d’un discours prononcé devant des chercheurs, des étudiants et des hommes d’affaires réunis à Xian, ancien point de départ oriental de la route de la soie reliant la Chine au Vieux Continent.

« Je suis simplement en train de dire que, de manière consubstantielle, ces routes ne peuvent être qu’en partage », a-t-il précisé dans cette allocution prononcée depuis le palais impérial de Daming, avant d’y aller d’une mise en garde.

La France a fait l’expérience de l’impérialisme en Afrique, a poursuivi le président français, et cela a parfois mené au pire. « Aujourd’hui, avec ces nouvelles routes de la soie qui sont créées, je crois que le partenariat entre la France et la Chine peut éviter de répéter ces erreurs. »

Le projet des nouvelles routes de la soie vise à renforcer les échanges entre l’Asie, l’Afrique et l’Europe grâce à des investissements dans des routes, des ports, des voies ferrées, des parcs industriels, etc. Il est perçu en Europe comme un outil d’affirmation de l’influence chinoise, et la France était elle-même demeurée prudente face à ce projet expansionniste de la deuxième puissance économique mondiale.

« La Chine et la France sont deux grands pays » - Xi Jinping

Le président Macron et sa femme Brigitte se sont ensuite rendus à Pékin, où ils ont été accueillis par le président chinois Xi Jinping et son épouse. M. Xi s’est félicité que son homologue ait choisi la Chine pour son premier voyage en Asie.

M. Macron aura des entretiens plus formels mardi. Il doit visiter la Cité interdite, rencontrer le président de l’Assemblée nationale populaire et le premier ministre avant de participer à la signature d’accords et de contrats, puis d’être reçu pour un dîner d’État.

Une cinquantaine d’accords commerciaux et de coopération doivent être confirmés lors de ce voyage, auquel participent une cinquantaine de chefs d’entreprise français.

Les relations entre Paris et Pékin ne sont pas exemptes de points de friction. La France dit avoir enregistré un déficit commercial de 30 milliards d’euros avec la Chine l’an dernier.

Le président Macron a d’ailleurs profité de son discours à Xian pour appeler de ses vœux des relations fondées sur des « règles équilibrées », tout en reconnaissant une certaine défiance et de « légitimes questions » en Chine, et des « peurs » des Européens.

L’Élysée a par ailleurs assuré que la question des droits de la personne, toujours délicate, sera abordée en privé au cours du voyage, qui se poursuivra jusqu’à mercredi.

Human Rights Watch a demandé au président Macron de réclamer « publiquement » des améliorations sur ce front à M. Xi, notamment au sujet de Liu Xia, veuve du Prix Nobel de la paix Liu Xiabo, mort l’an dernier après huit ans dans les geôles chinoises pour avoir réclamé des réformes démocratiques en Chine.

Mme Liu est en ce moment assignée à résidence sans jamais avoir été officiellement poursuivie.

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