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Madrid cherche à étouffer le mouvement indépendantiste catalan

À 18 jours de la tenue d'un référendum sur l'autodétermination de la Catalogne, le gouvernement espagnol du premier ministre Mariano Rajoy a décidé d'ouvrir une enquête sur les maires de la région qui auraient décidé d'y participer.

Le parquet général d’Espagne a ordonné mercredi aux procureurs de la Catalogne de « citer à comparaître en tant que mis en examen » les centaines de maires qui seraient disposés à mettre des locaux à la disposition de l’exécutif catalan pour ce scrutin.

Si les maires ne se rendent pas volontairement, ils devront être arrêtés et amenés au parquet par la police catalane « dans le plus bref délai possible », stipule le texte de la directive, obtenu par l’Agence France Presse.

L’Association des maires indépendantistes (AMI) de la Catalogne, qui rassemble 750 des 948 maires de la Catalogne, soutient que 712 d’entre eux sont prêts à offrir des locaux au gouvernement indépendantiste de la Catalogne en vue du scrutin du 1er octobre.

« Vu le nombre de municipalités concernées », le parquet général d’Espagne recommande d’ailleurs que ses ordres soient mis à exécution en priorité dans les municipalités les plus peuplées.

Madrid a toujours considéré qu’un référendum sur l’autodétermination de la Catalogne, un territoire de 7,5 millions de personnes grand comme la Belgique, est illégal en vertu de la Constitution espagnole.

La Cour constitutionnelle du pays a suspendu jeudi dernier la loi de référendum qui avait été adoptée la veille par la majorité indépendantiste au Parlement régional de la Catalogne. Des 135 députés régionaux, 72 l’avaient approuvée.

En jugeant recevable, à l’unanimité, le recours déposé par le gouvernement Rajoy, les douze magistrats du tribunal ont entraîné la suspension immédiate de la loi pour une durée de cinq mois.

Cette suspension peut être prolongée tant que la Haute Cour de Madrid ne rendra pas une décision dans ce dossier.

La Cour constitutionnelle avait aussi ordonné que les politiciens catalans soient prévenus des risques de poursuite pénale encourus s’ils participaient à l’organisation de la consultation populaire malgré cette décision.

Le tribunal a toutefois refusé d'ouvrir sur-le-champ une procédure pénale contre la présidente du Parlement régional et les membres de l'exécutif catalan, comme le demandait le gouvernement espagnol.

Dans son recours, Madrid a plaidé « l’inexistence de la souveraineté du peuple catalan » et argué que la loi de référendum adoptée par le parlement régional violait pas moins de huit articles de la Constitution.

Si ce nouveau développement fait monter la tension en Catalogne, il n’est pas assuré qu’il fera dérailler le processus.

Le président catalan, Carles Puigdemont, a affirmé à maintes reprises qu’il est disposé à désobéir à la Cour constitutionnelle.

« Aucun Conseil des ministres, aucun tribunal discrédité ne suspendront la démocratie en Catalogne », avait-il déclaré après la décision du tribunal la semaine dernière. « Malgré les menaces, nous voterons, et avec enthousiasme. »

Selon le dernier sondage officiel paru en juillet, l’appui à l’indépendance atteindrait 41,1 %, en baisse de 3,2 points de pourcentage par rapport à ce qu’il était au mois de mars.

Environ 7 Catalans sur 10 sont cependant en faveur de la tenue du référendum d’autodétermination.

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