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Madrid resserre l'étau autour des indépendantistes catalans

Déterminé à empêcher la tenue du référendum sur l'autodétermination de la Catalogne, le gouvernement espagnol ordonne maintenant aux dirigeants indépendantistes de se plier, dans les 48 heures, à un nouveau système de contrôle des dépenses.

Cette exigence de Madrid survient au lendemain du lancement, par le gouvernement de la Catalogne, de la campagne pour le oui en vue du référendum du 1er octobre. Un vote dont le plus haut tribunal du pays a interdit la tenue et qui divise jusqu'à la société catalane elle-même, selon les sondages.

Ainsi, à 17 jours de ce scrutin déclaré inconstitutionnel dans le Royaume d'Espagne, Madrid renforce le contrôle des dépenses de la Catalogne, région aisée du nord-est, peuplée de 7,5 millions d'habitants. Ce contrôle, a déclaré le ministre du Budget, Cristobal Montoro, est instauré afin « que pas un seul euro » ne finance « des gestes illégaux ».

Le ministre Montoro a ajouté que Madrid donne 48 heures aux dirigeants catalans pour qu'ils se conforment à ce nouveau système d'examen des paiements publics.

La Catalogne dénonce des exigences « politiques »

Jeudi, le vice-président catalan Oriol Junqueras avait annoncé qu'il ne fournirait plus de comptes rendus hebdomadaires des finances à Madrid, dénonçant ces exigences « politiques ». Les 17 autres régions du pays fournissent des comptes rendus mensuels au gouvernement espagnol.

Clamant « Vive la Catalogne libre », une foule de 8000 personnes a rempli les anciennes arènes de Tarragone, jeudi soir, pour le coup d'envoi de la campagne référendaire.

Aux militants rassemblés, le vice-président Junqueras a affirmé que « ce sont déjà plus de 750 maires [sur 948] qui nous soutiennent ».

Ce sont ces maires qui sont visés par des poursuites judiciaires et menacés d'arrestation s'ils coopèrent à l'organisation du scrutin. « Les menaces nous rendent plus forts », a rétorqué Oriol Junqueras en signe de défi à cette enquête criminelle, initiée par l'Espagne.

Madrid n'écarte « aucune option »

Pendant que Madrid durcit le ton, le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, et la mairesse de Barcelone, Ada Colau, ont écrit au président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, et au roi Felipe pour appeler « au dialogue politique, basé sur la légitimité que nous avons tous, pour rendre possible quelque chose qui n'a jamais été un problème ni même un crime en démocratie : écouter la voix du peuple ».

En réplique à cet appel, le porte-parole du gouvernement espagnol, Inigo Mendez de Vigo, a déclaré que Madrid « n'écarte aucune option ».

Le patronat espagnol, la CEOE, a pris parti vendredi dans le bras de fer qui oppose Madrid à Barcelone, disant souhaiter « la sécurité juridique ». Par communiqué, la CEOE a dit appuyer « toutes les actions qu'il est nécessaire de mettre en oeuvre pour faire respecter la légalité en vigueur ».

Le Cercle des entrepreneurs, qui regroupe 220 entreprises, a dit pour sa part que les pouvoirs publics « ont l'obligation et la responsabilité de défendre, avec prudence, mais fermeté, la démocratie et l'État de droit ».

Certains ne veulent pas de l'indépendance

Les indépendantistes sont majoritaires au Parlement catalan depuis 2015. Ils entendent déclarer l'indépendance de leur région dans les jours qui suivraient une victoire du oui au référendum.

Mais au sein du peuple catalan, le projet d'indépendance ne fait pas l'unanimité.

Juan Rosell, qui préside la CEOE, et qui est lui-même originaire de Barcelone, dit croire « qu'il y a beaucoup d'étapes intermédiaires entre l'indépendance [...] et la soumission totale ».

Plaidant pour une réforme de la Constitution, M. Rosell souhaite que le pays répète ce qu'il avait fait dans les années 1977-78, lors de l'élaboration de l'actuelle Constitution, au sortir de la dictature du général Franco.

Il faut « reconstruire un pacte entre tous », dit-il.

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