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Madrid songe à permettre les référendums régionaux, si une majorité d'Espagnols le veut

L'Espagne pourrait modifier sa Constitution afin que ses régions puissent tenir des référendums sur leur indépendance, a déclaré mercredi son ministre des Affaires étrangères, alors que des milliers d'indépendantistes manifestent une fois de plus à Barcelone pour la libération de dirigeants catalans.

« Nous avons créé un comité au Parlement pour explorer la possibilité d’amender la Constitution afin de mieux accommoder les aspirations du peuple catalan », a dit le ministre Alfonso Dastis à la chaîne britannique BBC.

Ce sera cependant aux 47 millions d’Espagnols de trancher la question lors d'un éventuel référendum.

Si le ministre Dastis espère ainsi résoudre la crise pour les générations futures, cette main tendue à la Catalogne est encore loin du droit à l'autodétermination que réclame le leader catalan Carles Puigdemont, exilé en Belgique.

Barcelone ralentie par la grève et les manifestations indépendantistes

« Ce n'est pas de la justice, c'est une dictature » : des milliers de manifestants sont descendus dans les rues d’une Barcelone ralentie et divisée par les retombées du débat sur l’indépendance, tout comme le reste de la Catalogne.

Environ 8000 d’entre eux ont répondu à l’appel à la grève lancé par la centrale syndicale CSC, pancartes et drapeaux catalans à la main, devant le palais de la Généralité.

« C'est Puigdemont notre président! » « Forces d'occupation, dehors », scandait la foule qui comptait son lot d’étudiants, avec plus de 30 % des enseignants en grève.

Avec leurs leaders derrière les barreaux pour sédition, deux puissantes associations indépendantistes ont dénoncé les agissements de Madrid.

De son côté, Agusti Alcoberro, porte-parole de l’Assemblée nationale catalane, a dénoncé « un attentat contre la démocratie et une humiliation pour le peuple de Catalogne ».

La Sagrada Familia a fermé ses portes aux visiteurs, tandis que des dizaines de grévistes campaient devant cette cathédrale emblématique de Barcelone.

Impact sur les transports

Les manifestants indépendantistes ont bloqué des routes, des gares et des sites touristiques.

Il y a eu d’importants bouchons de circulation sur l’autoroute AP-7, un grand axe qui relie la Catalogne à la France. Tous les jours, près de 9000 camions y transitent une grande partie des exportations espagnoles vers l’Europe.

Des files d’attente sur six kilomètres ont poussé la Croix-Rouge à intervenir, en offrant de la nourriture aux conducteurs coincés sur l’autoroute.

Certains manifestants ont installé des tables pour jouer aux échecs, et la tension a monté par endroits entre des usagers et des indépendantistes.

Les déplacements par trains à grande vitesse entre Barcelone et la France ont été particulièrement problématiques.

Selon la compagnie ferroviaire Renfe, la circulation vers Marseille, Lyon et Paris a été interrompue, laissant des milliers de personnes sans transport.

Au total, 150 000 passagers, dont 10 000 passagers de TGV, ont été affectés par des annulations ou des retards.

Participation « minimale »

La participation à la grève est « minimale », selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur espagnol.

Moins d’entreprises ont mis la clef sous la porte que lors de la dernière grève générale, le 3 octobre. Les deux principaux syndicats espagnols, CCOO et UGT, ont aussi préféré passer leur tour.

Pendant ce temps, à Bruxelles…

La présence en Belgique du président catalan destitué par Madrid, Carles Puigdemont, continue de créer des remous.

Elle suscite aussi des débats au sein du gouvernement de Charles Michel, qui compte des nationalistes flamands sensibles aux arguments des indépendantistes catalans.

« La crise se situe en Espagne et pas en Belgique », a répondu le premier ministre belge aux députés, mercredi.

Il a réitéré que le gouvernement espagnol était son seul interlocuteur.

Le président espagnol, Mariano Rajoy, l’a d'ailleurs publiquement remercié sur Twitter, en disant qu’il partageait avec Charles Michel le « respect pour l’État de droit et donc pour l’indépendance des juges belges et espagnols ».

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