Plus qu'une journée avant les 42es élections fédérales. Enfin! disent ceux qui sont fin prêts à aller voter, et ils sont nombreux si on en croit le nombre record d'électeurs qui ont profité des quatre jours de vote par anticipation. En attendant, cette dernière semaine de campagne aura été sous le signe des attaques des chefs de parti les uns envers les autres, à propos entre autres d'un fumeur de crack et d'un lobbyiste.

Un texte de Manon Globensky

Alors que le jour du vote arrive, il faut se rappeler ce que disait Stephen Harper, ce premier dimanche du mois d'août quand il a demandé au gouverneur général de dissoudre le Parlement. Ces élections allaient porter, disait-il, sur la sécurité économique et la sécurité du pays.

La campagne aura connu bien des détours : les révélations du procès Duffy, le ralentissement de l'économie canadienne, le débat sur le niqab aux cérémonies de citoyenneté, les questions sur l'accueil des réfugiés et la signature d'une entente de principe pour créer la zone de libre-échange du Partenariat transpacifique.

Mais elle se termine dans la bouche de M. Harper presque de la même façon dont elle a commencé, puisqu'il parle du choix à faire lundi en termes de sécurité économique.

Lors d'un rassemblement mercredi, il a dit que le choix serait entre les hausses d'impôts des libéraux et l'allègement fiscal des conservateurs.

The price is right

Les attaques du chef conservateur visent désormais presque seulement Justin Trudeau et il s'est amusé à le faire en ajoutant des effets sonores et visuels à son message sur le risque que représente le changement. À la façon de l'émission The price is right, M. Harper, dans tous ses événements devant ses partisans, demande à l'un d'eux de faire tomber des billets de banque sur une table au son d'une caisse enregistreuse... symbole de l'argent que prendrait son adversaire dans les poches des Canadiens. Son nouveau slogan est « vous faites de l'argent , les libéraux la dépense ». En anglais, c'est un slogan populaire chez les jeunes républicains américains proches du Tea Party pour dénigrer les socialistes.

Mais ça n'a pas été une semaine si fructueuse que ça pour M. Harper, qui a fini par admettre jeudi qu'il se pouvait bien que son parti soit battu lundi prochain, tout ça en guise d'explication peut-être au fait que les controversés frères [Rob et Doug] Ford fassent leur apparition dans sa campagne ontarienne et lui organise même un rassemblement l'avant-veille du vote.

Quand on lui demande pourquoi s'associer ainsi à un fumeur de crack avoué, il se contente de parler de l'appui traditionnel de cette famille (qu'il ne nomme pas) pour son parti. Ce fut certainement un moment inconfortable pour le premier ministre sortant.

Questions difficiles

Justin Trudeau lui aussi a passé quelques journées difficiles, puisqu'il a dû expliquer, pendant deux jours, pourquoi son codirecteur de campagne Dan Gagnier a quitté son poste après avoir donné des conseils stratégiques à la compagnie TransCanada sur la présentation de son projet de pipeline Énergie Est à un éventuel nouveau gouvernement. Ses adversaires ont tout de suite dénoncé les vieilles façons de faire, mais tant les conservateurs que les néo-démocrates ont aussi des lobbyistes dans les hauts rangs de leurs organisations politiques.

M. Trudeau avait eu la vie plus facile au début de la semaine alors qu'avec une certaine prudence, il avait tout de même admis qu'il souhaitait que les électeurs lui confient une majorité.

Soulignons que cette semaine, le scénario d'un gouvernement conservateur minoritaire n'a trouvé aucun appui chez les autres partis, ce qui veut dire qu'il ne durerait pas longtemps et que le gouverneur général pourrait demander à un parti d'opposition, seul ou en coopération avec d'autres, de tenter de gouverner.

Pendant ce temps au NPD

La guerre des mots (et des dépliants électoraux) entre conservateurs et libéraux permet presque au chef néo-démocrate Thomas Mulcair de s'élever au-dessus de la mêlée. Il a continué à faire campagne en terres conservatrices, mais a été accueilli partout par des groupes de militants enthousiastes, dans la banlieue de Toronto entre autres, mais aussi à Edmonton où il a été présenté par la nouvelle première ministre Rachel Notley, un appui de taille pour lui.

On a aussi vu M. Mulcair au Québec, où, durant une entrevue au populaire animateur Éric Salvail, il a confié son penchant pour les croustilles et la poutine dans les moments de stress.

Stephen Harper a aussi accepté l'invitation d'En mode Salvail le soir suivant. Il n'a pas révélé grand-chose, mais comme d'autres politiciens avant lui, il s'est tourné vers la musique jouant des extraits de Let it be des Beatles et Quand le soleil dit bonjour aux montagnes, histoire d'atténuer son image d'homme sérieux.

Et la chef du parti vert Elizabeth May? Elle a mené une campagne nationale presque invisible, mais elle a enfin un autobus de campagne pour sillonner cette fin de semaine l'île de Vancouver. Comme quoi il n'est jamais trop tard.

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