La boulimie et l'anorexie continuent de faire des ravages partout au pays. À la veille de la semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires, des spécialistes et une victime de boulimie veulent défaire certains préjugés.

Un texte de Louis-Philippe Ouimet

Certains organismes vont jusqu'à dire que 300 000 Québécois sont susceptibles de développer un trouble alimentaire. À l'Institut Douglas, on nous affirme que c'est environ 100 000 Québécois ou Québécoises qui pourraient souffrir de tels troubles. S'il n'y a pas de consensus sur le nombre de victimes, on s'entend pour dire qu'il s'agit d'un problème alarmant.

Et la boulimie est un des nombreux troubles alimentaires encore méconnus.

Un témoignage troublant

La Montréalaise Linda Paetow a vécu l'enfer. À l'âge de 26 ans, un grand stress vécu à la fin de ses études universitaires la pousse à manger plus, puis encore plus.

Effrayée à l'idée de prendre du poids et incapable de freiner ses pulsions alimentaires, elle se fait vomir à répétition. « J'étais très proche de la mort à un moment donné. Je me souviens qu'un soir je me suis couché après trois séances de vomissements. Mon coeur battait incroyablement », a-t-elle confié.

Ce n'est que plus tard qu'elle apprendra que certains boulimiques peuvent perdre la vie à force d'une déshydratation sévère causée par les vomissements. Son cauchemar a duré pendant près de neuf ans.

« J'étais rendu que je pouvais me faire vomir trois fois entre mes séances de gavage. Je me remplissais totalement puis je vomissais et puis je mangeais encore », a relaté Linda Paetow.

Linda ne souffrait pas d'embonpoint, mais dans sa tête, elle avait l'impression d'être trop grosse.

La boulimie de plus en plus fréquente

Si la boulimie est parfois causée par le stress, le manque de confiance ou la génétique, les causes de troubles alimentaires peuvent remonter avant la naissance, affirme le Dr. Howard Steiger, l'un des grands spécialistes des troubles alimentaires. Il est le chef du Continuum des troubles de l'alimentation à l'Institut Douglas.

« Nous avons une étude qui démontre que les enfants qui sont nés de mères enceintes pendant le grand verglas de 1998 ont plus de chances à l'adolescence d'avoir un trouble alimentaire si l'exposition au verglas était très intense », explique-t-il.

Le Dr Steiger ajoute que la boulimie est de plus en plus importante chez les hommes. « S'il y a un groupe à l'intérieur duquel les troubles d'alimentation augmentent toujours, ça semble être les troubles boulimiques [...] chez les mâles », observe-t-il.

De l'aide et encore de l'aide

L'organisme à but non lucratif Anorexie et boulimie Québec a aidé l'an dernier plus de 15 000 personnes avec entre autres ses groupes de soutien et sa ligne téléphonique d'écoute.

Selon une de ses coordonnatrices clinique, le besoin d'aide est criant. « La demande de service a augmenté, ce qui n'est pas une mauvaise nouvelle [...] Ça aide à mieux connaître les troubles alimentaires », explique Marilène Dion.

Selon elle, chaque petit geste compte et l'aide des proches est essentielle. « Des fois, s'abstenir de faire un commentaire sur l'apparence des gens, seulement ça, ça peut faire une différence », plaide-t-elle.

Quant à Linda, elle est aujourd'hui mère de trois enfants. Elle n'a plus peur du réfrigérateur grâce à l'aide qu'elle a reçue. Elle espère que son témoignage aidera d'autres victimes de troubles alimentaires à demander de l'aide.

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