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Manifestation à Québec pour un registre public des délinquants sexuels

Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté samedi après-midi à Québec afin d'exiger du gouvernement provincial qu'il mette en place un registre public des délinquants sexuels.

Cette « marche blanche » était organisée par Sophie Dupont qui milite depuis plus de 10 ans pour cette cause qui lui tient à coeur.

Mme Dupont a créé une page Facebook il y a six ans, intitulée « Registre public des délinquants sexuels au Québec », sur laquelle on retrouve des articles des médias traitant de délinquants sexuels et des documents fournis par des victimes.

En 2007, une pétition de 70 000 noms avait été déposée à l'Assemblée nationale pour demander la mise en place d'un tel registre.

La marche a débuté vers 13 h au Cégep de Sainte-Foy. Les participants ont terminé leur parcours à l'Assemblée nationale, en milieu d'après-midi.

Des personnalités comme l'ex-ministre de la Justice Marc Bellemare et Michel Surprenant, dont la fille Julie a été assassinée, participaient à ce rassemblement.

Pour Marc Bellemare, il est essentiel de privilégier le droit du public à l'information. « Dans des milieux urbains, on ne connaît pas nos voisins. Les gens sont très mobiles. Je devrais être en mesure de savoir, à partir du nom de la personne, si elle a un dossier judiciaire surtout en matière de condamnation de nature sexuelle. »

Une analyse nécessaire, selon Maria Mourani

Interrogée sur ce dossier, la criminologue Maria Mourani estime que l'idée d'un tel registre public n'est pas mauvaise en soi, mais elle estime qu'il faudrait faire une analyse en profondeur avant de le mettre en place. Elle a souligné que des erreurs peuvent survenir, comme c'est souvent le cas aux États-Unis. Pour elle, cela peut représenter un couteau à double tranchant.

À son avis, il est bon de savoir si son voisin par exemple est un pédophile, mais elle dit craindre les réactions du public qui pourraient être virulentes en l'apprenant. L'ex-députée fédérale rappelle que les policiers ont déjà accès à une banque de données de délinquants sexuels contenant beaucoup d'information.

Pour elle, le grand objectif est de protéger les enfants, parce que, dit-elle, une agression sexuelle détruit la vie de la personne.

Maria Mourani rappelle que les agressions sexuelles sur les enfants sont commises à plus de 95 % par des membres de la famille.

Un faux sentiment de sécurité?

Le criminologue Jean-Claude Bernheim croit de son côté qu'un tel registre procurerait un faux sentiment de sécurité. « Le fait de savoir qu'il y a un agresseur sexuel dans un secteur n'empêche pas un potentiel agresseur de passer à l'acte », explique-t-il. 

La Coalition Avenir Québec, qui était représentée par François Paradis lors de la marche, appuie la mise en place d'un tel registre. Le parti entend en faire la promotion au cours des prochains mois. 

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