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Manifestations de soutien au Chronicle Herald pour souligner l’année de grève

Des manifestations en appui aux grévistes du Chronicle Herald ont eu lieu lundi, en Nouvelle-Écosse, alors que cela fait un an que les 55 employés du quotidien sont en grève.

La plus importante manifestation a lieu devant les locaux du Chronicle Herald, à Halifax. Une centaine de personnes, dont plusieurs syndicats et 61 employés en grève étaient présents.

Après 12 mois de grève, certains journalistes du quotidien ont un regard plutôt apaisé sur la situation contrairement à certains lecteurs du journal.

C’est le cas de Bill Power, journaliste au Chronicle Herald depuis 30 ans. Il se trouve sur la liste de ceux qui seront licenciés, peu importe l’issue du conflit.

Il se dit fier du travail qu’il a accompli depuis toutes ces années et du travail de ses collègues. Il croit également qu’il y a des contributions à faire à l’avenir pour effectuer un virage numérique.

Il reste calme face à ce conflit qui perdure, mais croit qu’il y a des membres du public qui sont très mécontents de la situation.

« J’ai rencontré des gens qui sont fâchés. Ils n’aiment pas du tout comment cette crise a été gérée. Ça les dérange personnellement », raconte-t-il.

« Une lueur d’espoir »

Pour l’éditorialiste du Chronicle, Laurent Le Pierrès, lui aussi en grève, le moral est meilleur qu’en janvier dernier.

« Il y a un an, si on m’avait dit que ça allait durer un an, je crois que mon moral aurait été écrasé. Maintenant, je suis assez fier du fait qu’on ait réussi à tenir le coup. Je dois dire que mon moral est meilleur maintenant qu’il ne l’était il y a un an », assure-t-il.

Entre temps, les journalistes grévistes ont monté leur propre site de nouvelles sur Internet, le Local Xpress. « Cela a été notre bouée de sauvetage pour bon nombre d’entre nous. Nous pouvons continuer à faire notre travail de journaliste », déclare Laurent Le Pierrès.

Même si le lectorat a migré en partie vers le contenu numérique, le quotidien papier continue d’être publié avec des briseurs de grève. « Et la qualité du journal a chuté », soutient le journaliste en grève.

Il faut que ça cesse. Ce n’est pas bon pour la démocratie.

Laurent Le Pierrès, journaliste en grève

Il explique qu’une lueur d’espoir pointe maintenant à l’horizon. Les négociations entre le syndicat et la direction du journal ont repris depuis peu. « Peut-être que c’est lié au fait que le syndicat a porté plainte devant le conseil des relations de travail », avance M. Le Pierrès.

Cette plainte pour pratique déloyale a toutefois été suspendue, d'après ce que l'entreprise avait annoncé la semaine dernière.

Des lecteurs mécontents

D’anciens lecteurs du quotidien comme Robert-Yves Mazerolle d’Halifax ont annulé leur abonnement au journal, maintenant réalisé avec de nouveaux employés embauchés par l’entreprise.

« Ça fait plus que 20 ans que j’avais un abonnement au Herald. Disons que depuis le conflit de travail, la qualité du journal s’est vraiment dégradée », affirme-t-il.

Il se tourne maintenant vers le journal en ligne du Local Xpress, produit par les grévistes qui, selon lui, n’ont pas toujours été bien traités pendant ce conflit.

« J’ai trouvé un moment donné vraiment questionnable le fait que la direction du Herald avait engagé des gens pour aller intimider les gens en lock-out. Il payait apparemment 15 000 piastres par semaine pour engager une espèce d’agence de sécurité de Vancouver pour venir et faire la surveillance des gens », soutient-il.

Le syndicat espère que c’est ce genre de mécontentement de la part du public qui s'exprimera à la manifestation de lundi.

Les employés syndiqués de la salle de rédaction du Chronicle Herald ont entamé la grève le 23 janvier 2016 dans le but de protéger leurs acquis. La direction réclame des concessions, notamment des mises à pied, afin d'assurer l'avenir du journal.

D’après le reportage de Paul Légère et avec les informations de Marc Babin

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