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Manipulation des notes : « rien ne change », selon le PQ

On pensait que le dossier de la manipulation des notes était chose du passé, mais le Parti québécois (PQ) croit tout le contraire. Selon ce que Radio-Canada a appris, une récente missive de la Commission scolaire de la Capitale contraignait ses enseignants de cours d'été à rencontrer leur direction d'école pour les résultats légèrement sous la note de passage.

Un texte de Mathieu Dion, correspondant parlementaire à Québec

C’est là une preuve, selon le député péquiste Alexandre Cloutier qui a obtenu une copie de la missive, que « rien ne change ». « Sur le terrain, ajoute-t-il, on continue d’envoyer des directives aux enseignants. […] Visiblement, il y a une intervention qui est faite de la part de la direction et une pression qui est mise sur l’enseignant ».

Cette lettre se lit comme suit : « Pour les résultats se situant entre 57 % et 60 % : avant d’entrer les notes dans GPI [système d’entrée des résultats] de façon définitive, veuillez en discuter avec la direction. »

La missive a été envoyée le 17 juillet, à la suite donc d'une directive du ministre de l'Éducation rappelant aux directions d'enseignement le rôle de tous les intervenants concernant les évaluations, dont le respect du jugement professionnel des enseignants.

Question de rigueur, selon la commission scolaire

À la Commission scolaire de la Capitale, le directeur des services éducatifs des jeunes, André-Marc Goulet, estime que la lettre ne visait aucunement à exercer une pression sur le personnel ni à modifier un résultat à proprement dit.

« C’est une communication qui vient dire aux enseignants qu’il faut faire des dossiers étoffés pour justifier les échecs », explique M. Goulet.

La FAE appelle le ministre à agir

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) voit les choses autrement. Elle croit y déceler plutôt une façon pour une direction d'école de remettre en question le jugement des enseignants afin, selon son président Sylvain Mallette, d’améliorer le taux de diplomation par exemple.

La pratique, insiste-t-il, serait répandue.

M. Mallette demande au ministre Sébastien Proulx « de passer à l’acte » et « d'imposer des sanctions ».

Au cabinet du ministre de l'Éducation, on se contente pour le moment de maintenir que « l'autonomie des enseignants doit être respectée » et que « la direction doit assumer son leadership pédagogique tel que la loi et la directive le prévoient ».

De nombreux acteurs du milieu de l'enseignement souhaitent d’ailleurs connaître l'ampleur du phénomène des notes gonflées au Québec. Une commission parlementaire s'impose plus que jamais, selon eux, mais le ministre a toujours refusé cette proposition.

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