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Manque d'eau potable : 65 % des Premières Nations touchées

À tout moment, un avis sur l'eau potable est en vigueur dans environ 150 Premières Nations au Canada, selon une enquête de CBC/Radio-Canada.

L'enquête révèle aussi que deux tiers des réserves autochtones au pays ont fait l'objet d'un avis de faire bouillir l'eau au cours de la dernière décennie.

C'est en Saskatchewan et au Nouveau-Brunswick que le problème est le plus criant : 93 % des Premières Nations dans ces provinces n'ont pas pu consommer l'eau du robinet pendant au moins un an entre 2004 et 2014.

« C'est absolument scandaleux qu'un groupe entier de personnes soit privé de cette nécessité absolue dans un pays aussi riche que le nôtre », dit la directrice de la Société de soutien à l'enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, Cindy Blackstock.

À l'Île-du-Prince-Édouard, les deux réserves de la province ont été touchées par des avis sur l'eau potable au cours de la même période : la bande indienne Abegweit n'a pas eu d'eau potable pendant 2561 jours, tandis que celle de Lennox Island a été touchée 31 jours en 10 ans.

20 ans sans eau potable

Ce sont les résidents de la Première Nation Neskantaga, dans le nord-ouest de l'Ontario, qui sont sans eau potable depuis le plus longtemps, soit plus de 20 ans. Dans ce hameau, les habitants doivent même faire bouillir l'eau du robinet pour le bain et la lessive. Les autorités fédérales y ont installé un système d'approvisionnement en eau potable pour la consommation, mais les Autochtones doivent eux-mêmes aller y remplir leurs bouteilles.

Dans d'autres communautés autochtones, comme la Première Nation Grarry Narrows en Ontario, les résidents ne peuvent même pas boire l'eau après l'avoir bouillie parce qu'elle est contaminée par des substances potentiellement cancérigènes.

Lalita Bharadwaj, une chercheuse en santé publique qui étudie l'accès à l'eau potable des Premières Nations, croit qu'il y a un manque de communication entre les entités responsables de la gestion de la qualité de l'eau dans les réserves.

« Les pourcentages [de communautés affectées] sont extrêmement élevés », dit la professeure Bharadwaj, de l'Université de la Saskatchewan. « C'est signe d'un problème récurrent, qu'on n'y prête pas suffisamment d'attention. »

Lalita Bharadwaj rappelle que les gouvernements ont investi 2 milliards de dollars entre 2001 et 2013, sans régler le problème.

Elle ajoute que sans investissement mieux ciblé, la mauvaise qualité de l'eau continuera de causer des problèmes de santé physique et mentale au sein des Premières Nations.

Santé Canada a refusé la demande d'entrevue de Radio-Canada, mais dit être « conscient d'un problème sérieux et complexe ». Le ministère des Affaires autochtones et Développement du Nord n'a pas donné suite à notre demande d'entrevue.

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