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Marcel Aubut démissionne du Comité olympique canadien et s'excuse

Le président du Comité olympique canadien (COC), Marcel Aubut, a annoncé samedi martin qu'il quitte ses fonctions dans la foulée de la plainte pour harcèlement sexuel déposée contre lui. La vice-présidente du Comité, Tricia Smith, lui succède temporairement.

Dans un communiqué transmis samedi matin, M. Aubut justifie sa décision en expliquant que « la situation actuelle constitue une distraction majeure qui fait perdre de vue les véritables objectifs du COC, spécialement à la veille des Jeux de Rio », prévus l'été prochain.

L'ancien président dit quitter avec le « sentiment du devoir accompli » étant donné que l'organisation a traversé « avec succès les années les plus difficiles de son histoire ». Il déplore que des gens lui « prêtent des intentions qui n'ont jamais été les [siennes] ».

Marcel Aubut s'était temporairement retiré de ses fonctions jeudi après le dépôt d'une plainte formelle et l'ouverture d'une enquête du COC.

Or, des allégations supplémentaires, qualifiées d'« extrêmement dérangeantes » par le COC, se sont ajoutées vendredi, ce qui a mené à l'ouverture d'un second mécanisme d'enquête indépendant.

Le Comité olympique canadien a annoncé samedi soir que l'olympienne et vice-présidente du COC, Tricia Smith, avait été désignée à l'unanimité présidente par intérim de l'organisme. « Je m'engage personnellement à améliorer la sécurité et le bien-être de notre famille », a déclaré Mme Smith dans un communiqué.

Le COC accepte sa démission

Plus tôt en journée, le COC a affirmé qu'il acceptait la démission de Marcel Aubut.

« À la lumière de sa démission et selon le souhait de la plaignante, l'enquête spécifique que nous avions annoncée et qui devait être menée par l'ancien juge en chef de la Cour supérieure du Québec, François Rolland, est interrompue », a-t-il précisé par voie de communiqué.

L'enquête indépendante sur le comportement de Marcel Aubut suivra toutefois son cours. « On n'a pas désigné l'enquêteur qui sera en charge de cette deuxième enquête, a confié le porte-parole du COC Ricky Landry. On ne sait pas encore qui ça va être ».

Dans un précédent communiqué, le comité olympique invitait « toutes les personnes qui ont des inquiétudes » à le contacter. « Le COC a des politiques claires qui incluent des mesures concernant le harcèlement de toute sorte en milieu de travail, écrivait-il. Il est primordial que l'environnement de travail de nos employés soit sain et sécuritaire. Nous sommes donc très inquiets par les allégations qui concernent le mieux-être des personnes touchées. »

« Dans le meilleur intérêt des athlètes », dit Jean-Luc Brassard

Le chef de mission pour les Jeux olympiques de Rio en 2016, Jean-Luc Brassard, s'est dit assommé par les révélations des derniers jours.

« C'est quelque chose d'avoir un "mononcle" qui fait des blagues parfois louches - je crois qu'il y en a un dans toutes les familles -, mais c'en est une autre d'avoir des accusations formelles de harcèlement. Il y a un monde entre ces deux réalités », a-t-il déclaré.

M. Brassard s'est également dit surpris de la loi du silence qui régnait autour de M. Aubut.

« On entend des choses qui se reflètent dans sa personnalité, qui est peut-être d'une autre génération, mais ce qui m'a le plus surpris, c'est de savoir que tout le monde était au fait de ça depuis une quarantaine d'années - depuis l'époque des Nordiques -, mais qu'aucun journaliste n'a réagi. Personnellement, j'ai eu une relation des plus cordiales avec Marcel, malgré son caractère parfois spécial. »

Selon M. Brassard, la démission de M. Aubut est dans le meilleur intérêt des athlètes qui se préparent pour les Jeux olympiques de l'an prochain, afin d'éliminer les sources de distraction qui pourraient émaner de cette affaire.

« Du point de vue du chef de mission, [la démission de M. Aubut] était devenue la seule solution possible, a confié Brassard. De cette façon on va pouvoir travailler l'esprit en paix en prévision des Jeux olympiques de Rio. Ça va nous permettre d'aller de l'avant et de grandir de tout ça au sein du COC. Ce sera aussi une bonne expérience d'un point de vue personnel, en tant que chef de mission. »

Carrière et honneurs

Âgé de 67 ans, Marcel Aubut est membre du COC depuis 2000 et présidait l'organisme depuis avril 2010. Plus tôt dans sa carrière, il a occupé le poste de président des Nordiques de Québec jusqu'au déménagement de l'équipe au Colorado en 1995.

Marcel Aubut a été nommé officier de l'Ordre du Canada en 1993, officier de l'Ordre national du Québec en 2006, et avocat émérite du Barreau du Québec en 2008. Il a aussi été intronisé au Panthéon des sports canadiens en 1999. Il exerce aujourd'hui le droit et est partenaire, avocat et vice-président du conseil d'administration de la firme montréalaise BCF.

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