Des centaines d'élèves de cinq écoles secondaires à Woodstock ont quitté leur classe pour manifester mardi matin au centre-ville de la petite municipalité située à l'ouest de Toronto, dénonçant une « crise » de suicides qui frappe la communauté.

Pas moins de cinq adolescents s'y sont enlevé la vie au cours des quatre derniers mois, en plus de multiples tentatives.

La marche était organisée par une élève de 16 ans, Mackenzie Gall, qui voulait sensibiliser le public à la question, mais aussi inciter les conseils scolaires à faire plus pour éviter les suicides.

Mackenzie Gall trouve que les élèves « n'ont pas assez leur mot à dire » jusqu'à maintenant.

L'adolescente, qui fréquente l'École Huron Park, pense que les questions de santé mentale devraient être abordées en classe. Elle ajoute que les adolescents qui ont besoin de traitements ne devraient pas avoir à se rendre à London, à 30 minutes de route.

Témoignage :

L'adolescente Jada Downing a raconté au rassemblement que sa soeur s'était suicidée à la fin mai. 

Jada a ajouté qu'elle ne s'était pas du tout rendu compte que sa soeur Kristi songeait à s'enlever la vie. « J'ai la ferme conviction, dit-elle, que si elle avait demandé de l'aide à quelqu'un, quelqu'un aurait pu l'aider. »

Réaction des conseils scolaires

Les conseils scolaires francophones et anglophones de la région consultent des experts, en plus de surveiller les médias sociaux, pour tenter de trouver une solution à la crise. Paul Levac, surintendant de l'éducation au Conseil scolaire catholique Providence, explique que des intervenants sont à l'oeuvre dans les écoles et mesurent le niveau d'intervention nécessaire.

Pour sa part, dans une lettre publiée sur Facebook, l'École secondaire College Avenue déconseillait aux élèves de participer au rassemblement de mardi, affirmant que ce genre d'événement peut servir « d'élément déclencheur pour des élèves vulnérables, accentuant leurs pensées suicidaires ».

Cause inconnue

Woodstock est une ville de moins de 40 000 habitants à l'économie en transition, qui compte notamment une usine de Toyota, mais qui souffre toujours de problèmes de chômage et de consommation de drogue. La municipalité a fait les manchettes en 2009 pour le meurtre de la petite Victoria Stafford.

Personne ne sait pour l'instant ce qui a causé la vague de suicides.

Mackenzie Gall raconte qu'elle a elle-même été victime d'intimidation à l'école.

Un autre élève du secondaire, Tai Hope, dit qu'il s'est senti « déprimé » après avoir appris qu'un autre adolescent s'était enlevé la vie à son école.

Pour sa part, Mike McMahon de l'Association canadienne pour la santé mentale affirme que la question est « complexe », mais que les médias sociaux pourraient accentuer le problème. « Contrairement à ce qui était le cas quand j'étais enfant, dit-il, les jeunes sont [rapidement] au courant quand un autre ado se suicide. »

Dans ce contexte, ajoute-t-il, le suicide peut devenir une « option viable » pour un jeune qui se sent triste et sans espoir et qui voit que l'un de ses pairs a mis fin à ses jours.

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