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Marijuana médicinale : Queens of Cannabis aspire à la légalité

Les copropriétaires de Queens of Cannabis ont choisi de défier la loi. Leur comptoir de vente de marijuana médicinale à Toronto est illégal, mais elles sont convaincues de répondre à un besoin. Un modèle qui a peut-être de l'avenir, selon un expert, mais pas sans une réglementation stricte. Portrait d'un commerce qui aspire à la légalité.

Un texte de Louis Blouin

La pièce est colorée et les vitrines sont grandes. Le comptoir de marijuana médicinale de Brandy Zurborg et Tania Cyalume a ouvert ses portes en février à Toronto, en même temps que des dizaines d'autres. Elles veulent en finir avec les préjugés qui ont cours et souhaitent que leur commerce soit réglementé. Entre-temps, elles ont établi des règles très strictes.

Les clients doivent :

  • être âgés d'au moins 25 ans;
  • fournir une pièce d'identité délivrée par le gouvernement;
  • détenir une autorisation médicale valide.

Une mission indispensable

Tania et Brandy affirment que les commerces ayant pignon sur rue sont indispensables. Elles font valoir que certains patients n'ont pas de carte de crédit pour s'approvisionner en ligne. Les copropriétaires soulignent aussi que le régime de livraison postale approuvé par Santé Canada est imparfait, puisqu'il entraîne parfois des retards pour les patients.

Leurs produits

Les reines du cannabis assurent qu'elles offrent de la marijuana de qualité. Elles s'approvisionnent auprès de patients qui sont autorisés à en faire pousser.

Leur inventaire ne se limite pas au cannabis séché. Une variété de produits vendus contient de la marijuana, comme des crèmes et même du guacamole.

« Nous ne savons pas ce que l'avenir nous réserve » 

Le fait d'opérer dans l'illégalité entraîne son lot de conséquences. Il est notamment impossible d'ouvrir un compte de banque d'entreprise dans une institution financière ou d'obtenir un appareil pour les cartes de débit ou de crédit. Les transactions sont en argent comptant.

Queens of Cannabis s'expose aussi à des amendes pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars. La Ville de Toronto a fait connaître son intention de sévir contre les commerces délinquants en vertu de son règlement de zonage d'ici la fin du mois. 

Il y a aussi l'enjeu de l'approvisionnement. Le comptoir vend des produits qui n'ont pas été contrôlés par Santé Canada. C'est l'une des raisons pour lesquelles les copropriétaires aimeraient que leur commerce soit intégré au système de distribution fédéral.

Une réglementation?

Tania et Brandy souhaitent que la ville de Toronto adopte une réglementation semblable à celle de Vancouver. Elles s'en sont inspirées en respectant, par exemple, une distance minimale avec les écoles. Le maire de Toronto veut aussi s'inspirer de ce qui a été fait sur la côte ouest. 

Les dispensaires pourraient être limités à certaines zones où se trouvent « des bars, des magasins d'alcool ou même des pharmacies », suggère Brandy Zurborg.

L'avis d'un expert

Un expert du cannabis thérapeutique pense que les dispensaires pourraient un jour avoir leur place dans le cadre légal. Cependant, le Dr Mark Ware, du Centre universitaire de santé McGill, croit qu'une réglementation très stricte serait nécessaire et que le personnel devrait être bien éduqué et appuyé.

Par ailleurs, le Dr Ware est inquiet des pratiques de certains comptoirs illégaux où il est facile d'obtenir de la marijuana sans autorisation médicale. 

Il rappelle que « c'est important de faire une évaluation médicale pour savoir si le patient a des facteurs de risque ». M. Ware souligne que des éléments comme l'âge, l'état mental et les problèmes cardiaques, par exemple, doivent être pris en considération.

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