Retour

Martin Prud'homme prépare un régime minceur chez les hauts gradés au SPVM

L'heure des grands changements a sonné au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Le directeur intérimaire Martin Prud'homme a donné le ton à son mandat d'un an en annonçant jeudi, en milieu de soirée, que la structure de hauts gradés qui forme son cabinet allait subir un régime minceur par l'abolition du grade d'assistant directeur.

Un texte de Pascal Robidas

Dans les rangs policiers, les rumeurs de rétrogradation de hauts gradés circulaient depuis le début du mois de janvier. C'était un secret de polichinelle que le directeur intérimaire allait procéder à des changements importants après l'année houleuse du SPVM en 2017.

Le couperet est donc tombé sur huit cadres qui avaient le grade d'assistant directeur au cabinet du chef de la police de Montréal. Ils composaient la garde rapprochée du chef du SPVM en compagnie de trois directeurs adjoints.

Ils seront rétrogradés et relocalisés dans l'organisation du SPVM.

Nouvelle structure au sein de la direction

Martin Prud'homme veut désormais se limiter à quatre directeurs adjoints au sein de son cabinet. On ne sait pas encore qui occupera ces postes ni s'ils seront pourvus à l'externe.

Les quatre hauts gradés de confiance qui seront choisis se verront confier quatre nouvelles directions pour administrer l'imposante structure du SPVM : les enquêtes criminelles, la gendarmerie, les services corporatifs et finalement, la création d'une nouvelle direction des normes professionnelles sous laquelle se retrouveront les affaires internes transférées en février 2017 à la Sûreté du Québec.

En séparant la gendarmerie des enquêtes criminelles, qui étaient toutes deux sous la direction des opérations, Martin Prud'homme espère mettre fin à la rivalité de ces deux sections qui ont causé des querelles intestines et des guerres de pouvoir qui gangrènent le SPVM depuis de nombreuses années.

C'est du moins l'avis de deux hauts gradés à qui nous avons parlé en cours de soirée, peu après l'envoi du courriel du directeur Prud'homme.

Idem pour le retour attendu des affaires internes du SPVM, toujours sous la responsabilité d'une équipe mixte formée par le ministre Martin Coiteux, qui relèveront désormais de la nouvelle direction des normes professionnelles.

Les nombreuses allégations de fabrication de preuves par des policiers retraités du SPVM ont tristement fait connaître cette division qui s'occupait de dossiers disciplinaires internes à la police de Montréal.

Dans ce dossier, le directeur adjoint Bernard Lamothe, l'inspecteur-chef Costa Labos et le commandant Patrice Vilceus sont toujours suspendus en raison d'allégations criminelles qui pèsent contre eux.

Dans ses rencontres avec ses troupes à l'interne, Martin Prud'homme a déjà indiqué qu'il se sentait pressé par le temps. Le mandat qu'on lui a confié pour redresser le SPVM se termine le 31 décembre prochain.

D'autres changements structurels à l'organisation du SPVM sont donc à prévoir.

La Fraternité des policiers et policières de Montréal accueille positivement les changements annoncés. « Le fait d'aplanir la structure va favoriser selon nous une meilleure cohésion et une meilleure coordination entre les unités et c'est un pas dans la bonne direction », a dit son président, Yves Francoeur.

De son côté, Martin Coiteux, ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, de la Sécurité publique et ministre responsable de la région de Montréal, a indiqué que M. Prud’homme disposait « de toute [sa] confiance et de tout la latitude nécessaire pour accomplir son mandat ».

Plus d'articles