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Match de hockey violent : les pour et les contre de la suspension d'un entraîneur

Des parents de hockeyeurs de la région de Kent Sud sont furieux à la suite de la suspension de six matchs de l'entraîneur des Panthers, Gérald Cormier. Il a retiré ses joueurs de la glace lors d'un match violent, ce qui lui a valu cette suspension automatique. Pourtant, la partie de catégorie midget récréatif ne permettait pas les contacts ni les mises en échec.

Un texte de Luc LapointeTwitterCourriel

Le match se déroulait à Elsipogtog, dans la région de Kent, le 4 mars dernier. Gérald Cormier craignait des blessures en raison du climat de violence sur la patinoire. Cette mesure de sécurité était nécessaire, selon lui, étant donné l'inaction des officiels. Ce geste entraîne automatiquement une suspension, selon les règles de Hockey Nouveau-Brunswick. Mais à ce sujet, les avis sont partagés.

Maryse Cameron est la mère d'un de ces joueurs et la gérante de l'équipe. En entrevue à l'émission Le réveil, sur les ondes d'ICI Acadie, elle a fait part de son mécontentement.

« On était assez découragés. On connaissait les conséquences lorsque Gérald a sorti les joueurs de la patinoire, mais notre représentant de Kent Sud, dans la ligue, nous avait dit qu'on pourrait en discuter et essayer d'avoir une entente pour comprendre ce qui s'est passé. Mais, on n'a jamais demandé à M. Cormier sa version des faits, pourquoi il avait pris cette décision et les conséquences », déclare Maryse Cameron.

La mère du joueur qui en est à sa dernière saison dans la ligue conteste la décision de Hockey Nouveau-Brunswick.

« On s'est rencontrés dimanche soir pour discuter des points et pour demander à Hockey NB de réviser la situation. On comprend que la pénalité peut aller jusqu'à un an pour notre entraîneur, mais on veut savoir jusqu'à quel point un entraîneur a le droit d'enlever son équipe de la glace pour la sécurité des joueurs et ils [Hockey Nouveau-Brunswick] n'ont jamais répondu », souligne Maryse Cameron.

Réplique de Hockey Nouveau-Brunswick

Danny LeBlanc, porte-parole de Hockey Nouveau-Brunswick dans la région de Kent, a rencontré les parents et les arbitres à l'issue de la controverse entourant ce match. Dans son esprit, il ne fait aucun doute que l'organisme a pris une bonne décision.

« Le règlement est clair. Personne sauf l'arbitre ne peut interrompre un match. Dans ce cas, j'ai parlé aux trois officiels qui étaient sur la glace et aucun n'a mentionné les incidents violents qui ont mené à l'interruption du match », a-t-il dit lundi en entrevue à Radio-Canada Acadie.

Danny LeBlanc souligne que les parents n'ont pas non plus porté plainte contre l'arbitre.

« S'il y avait eu une plainte, j'aurais poussé l'affaire plus loin. Mais pour le moment, je n'ai rien entendu de la part des parents. » 

Pour Jean-François Damphousse, ancien gardien de but de la Ligue nationale de hockey et entraîneur des Commandos de Dieppe, il faut respecter les règles de Hockey Nouveau-Brunswick et Hockey Canada, mais il y a quand même une zone grise.

« Si je voyais que la sécurité de mes joueurs était en jeu, j'arrêterais aussi la partie, même si je risquais une suspension. Mais je ne peux commenter sur ce match en particulier, car je n'y étais pas », dit-il.

Maryse Cameron, la gérante des Panthers croit pour sa part que l'arbitre avait perdu la maîtrise de la partie, ce que confirme l'entraîneur Gérald Cormier.

« Ça fait longtemps que je fais ceci et c'est probablement l'une des pires parties que j'ai vue. Les arbitres laissaient tout passer et ne signalaient aucune infraction. Un de mes joueurs s'est fait frapper trois fois au visage, l'arbitre est passé à côté de moi et j'ai lancé un ouf. Il a alors levé les bras et il a finalement décerné une punition au joueur adverse. Si je n'avais rien dit, il n'aurait pas [donné] de punition », déplore Gérald Cormier.

L'entraîneur ajoute qu'après quelques incidents du genre, il a pris la décision de sortir son équipe de la patinoire.

« J'étais découragé. Comme entraîneur, on n'a pas de protection. Les arbitres sont protégés par la ligue, nous on n'est que des bénévoles. »

Les parents ont appris qu'ils peuvent faire appel de la décision, mais qu'il en coûte 325 $.

« Ce sont les parents qui financent la saison de hockey, c'est nous qui faisons des collectes de fonds, c'est nous qui payons au début de la saison pour que l'on puisse envoyer nos jeunes à des tournois, donc on n'a pas un budget énorme », déplore Maryse Cameron.

Dernière saison comme entraîneur

Les Panthers doivent disputer trois ou quatre autres rencontres d'ici la fin de la saison, mais sans leur entraîneur. Gérald Cormier avait déjà annoncé qu'il en était à sa dernière saison derrière le banc.

« M. Cormier est un entraîneur qui réussit à avoir une très bonne discipline avec les jeunes. L'année dernière, on a été une des seules équipes à n'avoir aucune suspension durant toute la saison. Même au moment où les jeunes ont quitté la patinoire, il leur a dit de garder la tête haute, de respecter les joueurs adverses. C'est vraiment désolant qu'un entraîneur aussi compétent que monsieur Cormier soit suspendu, surtout à la fin de sa carrière, comme c'est le cas », laisse entendre Maryse Cameron.

Les parents souhaitent que Hockey Nouveau-Brunswick modifie son règlement.

« Un de nos joueurs a été frappé trois ou quatre fois au visage et lorsqu'il s'est défendu pour que l'autre arrête, c'est lui qui a écopé de la pénalité. C'est pourtant du hockey récréatif où aucun contact n'est permis », se plaint Maryse Cameron.

La mère et gérante souhaite surtout que ce genre d'incident ne se reproduise plus.

« On veut aider les parents pour les années à venir. Les entraîneurs aussi, ce sont tous des bénévoles. On fait tout ça pour nos enfants et on veut leur sécurité. »

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