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McMullin décidé à triompher du « très mauvais » Trump et de Clinton la « corrompue »

Donald Trump est un « candidat faible » qui ne fait que « garantir l'accession d'Hillary Clinton à la Maison-Blanche », affirme le nouveau candidat indépendant à la présidentielle américaine, Evan McMullin.

Dans une première entrevue télévisée au réseau CNN, l'ex-agent secret de 40 ans a tenu un discours typique des politiciens qui disent incarner une « troisième voie », différente de celles que proposent les candidats des grands partis traditionnels.

« Tout le monde semble chercher autre chose, une autre option. Et c'est ce que nous souhaitons offrir : un nouveau leadership qui unit le pays, qui place l'intérêt national devant les intérêts personnels, ce qu'aucun des candidats des deux principaux partis ne fait, à mon avis », a-t-il dit.

M. McMullin, qui était jusqu'à tout récemment conseiller pour les républicains de la Chambre des représentants, a balayé du revers de la main l'argument selon lequel sa candidature ne peut que nuire à M. Trump, et aider du coup Mme Clinton.

« Donald Trump est déjà en train de perdre face à Hillary Clinton. [...] Il est déjà très mauvais. Il est faible. C'est un candidat faible et il perd déjà nettement face à l'un des pires candidats démocrates à s'être présenté devant le peuple américain depuis longtemps. »

M. McMullin pourfend tout autant la candidate démocrate, qu'il attaque sans ménagement sur son site internet. Il la décrit comme « une politicienne de carrière corrompue », dénuée de jugement et d'éthique, et aux idées économiques dépassées.

M. McMullin dément cependant faire une sorte de baroud d'honneur au nom de la droite américaine, dont certaines franges sont mécontentes de la candidature du controversé milliardaire, jugé trop peu conservateur par les uns, ou carrément dangereux par les autres.

« Absolument pas », a-t-il répondu lorsqu'interrogé à ce sujet. « Nous sommes là pour gagner. »

Selon le réseau ABC, la candidature de M. McMullin est appuyée par l'organisation « Better for America », financée par des républicains qui refusent obstinément de se ranger derrière Donald Trump.

Personne ne lui accorde la moindre chance d'être élu, mais sa candidature pourrait tout de même créer des problèmes pour le candidat républicain, en attirant des partisans normalement acquis au parti de George W. Bush et Ronald Reagan.

Dans plusieurs États pivots (swing states), dont l'Illinois et la Floride, le nom de M. McMullin ne devrait même pas figurer sur les bulletins de vote, puisque la date limite permettant aux candidats indépendants de s'enregistrer auprès des autorités de l'État est passée.

Son influence pourrait toutefois se faire sentir en Utah, l'État où il est né, et où sa candidature demeure possible. Depuis 1968, l'État, qui détient 6 votes au collège électoral, a toujours appuyé un candidat républicain lors de l'élection présidentielle.

M. McMullin est en outre un mormon, religion au nom de laquelle il a agi comme missionnaire au Brésil, et à laquelle adhèrent plus de la moitié des électeurs de l'État. Il est d'ailleurs un diplômé de l'Université Brigham Young, qui appartient à cette congrégation.

Lors de la primaire, les électeurs républicains de l'Utah avaient massivement voté pour Ted Cruz au détriment de Donald Trump, avec 69 % des appuis contre 14 %. Parmi eux se trouvaient le candidat républicain à la présidentielle de 2012, Mitt Romney, lui aussi mormon, qui a vertement attaqué M. Trump en mars dernier. 

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