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Menace de boycottage des audiences sur Énergie Est

La municipalité régionale du comté d'Argenteuil, dans les Laurentides, demande au gouvernement canadien de stopper et de revoir le processus d'évaluation du projet Oléoduc Énergie Est de TransCanada sans quoi elle ne participera pas aux audiences.

Un texte de Sylvie Fournier d'Enquête

Dans une lettre transmise au bureau du premier ministre Justin Trudeau, la MRC d'Argenteuil demande au gouvernement d'enclencher sans délai des procédures législatives afin d'effectuer une refonte majeure de l'Office national de l'énergie (ONE).

Une résolution adoptée à l'unanimité par les élus de la MRC précise que les projets d'oléoducs doivent être analysés « de façon impartiale, indépendante et en toute transparence », et être « assujettis aux exigences les plus élevées en matière d'intégrité et d'acceptabilité sociale ».

Les révélations entourant la rencontre entre des commissaires de l'Office et l'ex-premier ministre du Québec Jean Charest, alors qu'il était consultant pour TransCanada, ont profondément choqué les élus de la MRC. L'incident a ébranlé la confiance de la population envers l'Office, selon le préfet de la MRC, Scott Pearce. « Ça nous intéresse moins de leur faire part de nos inquiétudes », ajoute-t-il.

La MRC d'Argenteuil est traversée par la rivière des Outaouais, qui alimente le bassin d'eau potable de la grande région de Montréal.

Le passage prévu de l'oléoduc sous la rivière et le manque d'information sur la technologie qui sera utilisée pour franchir les cours d'eau soulèvent des craintes.
Deux commissaires, ainsi que le président de l'Office, se sont récusés en septembre.

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L'examen du projet Énergie Est est temporairement suspendu, mais pourrait reprendre au cours des prochains mois, avec la nomination de nouveaux commissaires.

La MRC d'Argenteuil prévient toutefois le gouvernement qu'elle ne participera pas aux audiences si elles devaient se poursuivre dans leur forme actuelle.

Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Jim Carr, a déjà annoncé la modernisation de l'organisme de réglementation, une solution insuffisante pour régler le problème « structurel majeur » que vit l'organisme, selon les élus d'Argenteuil.

La lettre a aussi été transmise à l'ONE, à TransCanada, au premier ministre du Québec, Philippe Couillard, et à des membres de son cabinet, ainsi qu'à plusieurs élus, dont le président de la Communauté métropolitaine de Montréal, Denis Coderre.

En mai dernier, une demande semblable avait été formulée par la Première Nation d'Eagle Village, au Témiscamingue. L'Office avait alors refusé de suspendre le processus d'examen du projet de TransCanada, disant qu'il avait l'obligation d'étudier les demandes qui lui sont présentées et que seuls des changements législatifs pourraient l'en empêcher.

Malgré le scandale généré depuis par l'affaire Charest, l'Office nous a fait savoir par courriel qu'il maintenait son refus de suspendre le processus d'examen.

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